Cinéma

Le Yin et le Yang. Voilà l’impression que donnent au premier coup d’œil Marine Vacth et Jérémie Renier sur la terrasse inondée de soleil au sommet d’un palace cannois. 

Elle, en robe noire très stricte, visage fermé, cheveux noirs et regard tourné vers ses chaussures, boit calmement un verre d’eau. Lui, pantalon de toile et chemise blanche en lin, grand sourire aux lèvres, des lunettes de soleil dans ses cheveux blonds, plonge ses yeux dans les vôtres entre deux gorgées de jus de pamplemousse. Elle déteste les films d’horreur, il les adore. Le contraste est saisissant. Et attirant pour les deux interprètes de L’amant double, très complices à l’interview et chuchotant souvent pendant qu’une interprète rapporte leurs propos en anglais.

“On a énormément ri ensemble, confirme notre compatriote de 36 ans, qui incarne les jumeaux que tout oppose mais dont est éprise sa partenaire. Nous avons tourné beaucoup de scènes d’amour, très chorégraphiées, très techniques, ce qui débouchait parfois sur des situations un peu cocasses. Croyez-moi, même si François Ozon a voulu réaliser un thriller érotique, pour les comédiens, jouer nu, ce n’est pas érotique du tout.”

“On avait confiance l’un en l’autre, ajoute sa peu bavarde partenaire. C’était nécessaire pour un film comme celui-là car les scènes d’amour ressemblaient presque à des cascades.”

Comment relève-t-on le défi d’interpréter des jumeaux ?

“La mise en scène de François Ozon amène à se poser des questions, à se demander s’ils sont réels tous les deux ou non, s’ils entreprennent un jeu autour de Chloé, répond Jérémie Renier. Il est très habile et c’était agréable pour moi d’avoir la possibilité d’incarner des jumeaux avec des caractères aussi différents qui changent et s’entrechoquent au fil de l’histoire.

Vous vous embrassez vous-même à l’écran, Jérémie…

“Oui, et c’était assez perturbant de le voir sur grand écran. Cela dit, je trouve que j’embrasse bien (rire) .”

Comment avez-vous fait ?

“Ce sont des effets numériques. J’ai interprété les deux personnages face à une doublure. Il fallait faire preuve d’une grande précision dans chaque position. C’était assez particulier, pas du tout érotisant !”

Des jumeaux, psy qui plus est, réclament une préparation particulière ?

“J’ai fait 20 ans de psychanalyse en guise de préparation, lâche en souriant Jérémie Renier . Non, ce n’est pas vrai. Je n’ai pas fait de psychanalyse longue mais j’en ai déjà mis en place dans le passé. J’ai lu quelques livres sur les psychanalyses freudiennes ou lacaniennes, mais c’est toujours assez technique et ardu à lire. L’important, c’est d’observer, écouter.”

Une des répliques clés du film, c’est : “Il n’y a pas de monstres, rien que des êtres humains.” Vous êtes d’accord ?

“Non, il y a de vrais monstres”, lâche immédiatement Jérémie Renier. Avant de se raviser . “Certaines personnes peuvent être monstrueuses, mais elles restent humaines. Je n’y avais pas pensé, mais François Ozon a peut-être bien raison.” Marine Vacth lève la tête en signe d’approbation.

Quelle est la suite pour vous ?

“J’aimerais bien un rôle de méchante dans un film d’action, avoue Marine Vacth . J’adore ça.” “Moi aussi, ajoute en riant son partenaire. Non, j’ai réalisé mon film avec mon frère, Les carnivores . Nous l’avons coécrit et nous sommes en train de finir la postproduction. C’est une grosse aventure, très différente de toute ce que j’ai connu jusqu’à maintenant. C’est une expérience très forte.”