Cinéma

Le réalisateur du Silence des agneaux et de Philadelphia est mort d’un cancer à 73 ans.

C’est une perte majeure pour le 7e art. L’homme qui avait réussi à apporter du raffinement au pire monstre de l’histoire du cinéma, Hannibal le cannibale, a succombé hier à New York un cancer de l’œsophage. Il avait 73 ans.

Avec Le silence des agneaux, il a donné une dimension nouvelle aux méchants d’Hollywood, si souvent caricaturalement brutaux. Et fait d’Anthony Hopkins une superstar mondiale. D’une cruauté qui n’a d’égale que son intelligence, Hannibal Lecter jouait au chat et à la souris avec l’enquêtrice Clarice Sterling (Jodie Foster), avec une élégance glacée qui confinait au sadisme pur. Une création géniale, qui fait d’Hannibal le cannibale le pire méchant de toute l’histoire du cinéma dans les sondages. Tout en amenant cinq Oscars au film, dont celui de meilleur réalisateur. Son autre chef-d’œuvre, Philadelphia, sur les déboires rencontrés par le brillant avocat Tom Hanks une fois qu’il devient visible qu’il est atteint du sida, en décrochera deux autres.

Touche-à-tout inspiré, il avait tourné des documentaires sur Bruce Springsteen, David Byrne (Stop Making Sense) et même Justin Timberlake, en 2016.

Sa dernière comédie au cinéma envoyait la rockeuse Meryl Streep revoir ses principes d’éducation dans le très quelconque Ricki and the Flash. De sa filmographie, on retiendra plutôt Dangereuse sous tout rapport (un thriller sexy avec Melanie Griffith), Veuve mais pas trop (une plongée dans les pratiques de la mafia avec son actrice favorite, Michelle Pfeiffer) ou The Manchunian Candidate (un suspense glaçant sur les rapports entre le pouvoir et l’armée, avec Denzel Washington).

Cinéaste de conviction qui tournait assez peu mais avec beaucoup de classe, Jonathan Demme va désormais profiter éternellement du silence des agneaux.