Cinéma

Dans l'univers Jurassic Park/Jurassic World, l'espèce humaine fait systématiquement douter de sa suprématie sur le règne animal, tant elle s'échine à ne tirer aucune leçon de ses erreurs.

Après la catastrophe du parc Jurassic World dans l'épisode précédent, les dinosaures survivants ont été abandonnés à leur sort sur Isla Nubar. Alors que le volcan de l'île se réveille, à Washington, on se prend le chou entre défenseurs des animaux - dinos inclus - et pourfendeurs de ces monstruosités génétiquement modifiées.

Claire Deary (Bryce Dallas Howard), ancienne gestionnaire du parc a rejoint les premiers. Elle est contactée par sir Benjamin Lockwood (James Cromwell), richissime anglais qui veut organiser une mission de sauvetage des dinosaures et les emmener dans un nouveau sanctuaire isolé du monde. Claire accepte et retourne sur l'île avec Owen Grady (Chris Pratt), l'ancien dresseur de dinos.

Il suffit de voir les têtes de repris de justice des gros bras qui les accompagnent pour deviner que ce ne sont pas écolos férus de paléontologie in vivo.

Première pièce de résistance : le foirage de la mission de secours, qui vire au ride de survie, entre dinos et volcan en pleine bourre. Comme souvent dans les Jurassics, ce premier acte est le meilleur.

La suite, où se révèle le véritable enjeu et le vrai méchant, tourne, selon le canevas habituel, au jeu de cache-cache. Cette fois, dans le décor d'un vieux manoir tentaculaire, il convient d'échapper aux griffes d'un nouveau carnassier génétiquement modifié, l'Indoraptor. Comme toujours, il y a un gosse dans le jeu de quilles - en l'occurrence une gamine un peu spéciale - un geek (Justice Smith de «The Get Down») et une fille un peu badass (Daniella Pineda) pour les quotas ethniques et les punchlines. Ça meuble.

Chris Pratt a ses petites scènes héroïques, où il parvient à glisser parfois une touche d'autodérision, tandis que Bryce Dallas Howard ne s'impose toujours pas (et n'a pas compris que les filles qui hurlent au cinoche c'est trop has been).

Juan Antonio Bayona est un faiseur mais sans grande inspiration : les scènes d'action n'ont ni climax ni suspense. On ne frémit jamais. Ces dinos manquent de mordant. Et on se demande si le titre - et la fin, assez délirante - n'est pas prémonitoire.

Réalisation : Juan Antonio Bayona. Avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, James Cromwell,... 2h08