Cinéma

Il assume... au quatrième degré les blagues parfois racistes, sexistes ou trash de Gangsterdam, qui sort en salle mercredi.

5,05 millions d’abonnés sur Facebook et de followers sur Twitter, 4,6 millions de fans qui partagent ses clichés sur Instagram, 4,4 millions d’entrées pour Les nouvelles aventures d’Aladin , 7,4 millions de spectateurs pour les deux volets des Profs , deux one-man-show et un spectacle d’humour avec Gad Elmaleh, troisième personnalité préférée des 7-14 ans : les chiffres parlent d’eux-mêmes. Kev Adams est un phénomène. Qui, à 25 ans à peine, débarque dans les salles de cinéma ce mercredi avec sa vingtième fiction, Gangsterdam . Une comédie potache, à l’humour parfois plus trash que d’habitude.

“Je viens de la franche comédie et j’avais envie d’y revenir, explique-t-il. Cela me manquait. J’ai beaucoup aimé Amis publics ou Un sac de billes, mais revenir à la comédie populaire où on rit de bon coeur sans se poser 2.000 questions, cela me fait très plaisir.”

“L’important n’est pas ce qu’on sait faire, mais ce qu’on ne sait pas encore faire” est l’une des phrases clés du film. Qu’est-ce que vous ne savez pas encore faire ?

“Tellement de choses. J’aimerais parler anglais, hindi, être capable de jouer tous les rôles ce qui n’est pas encore le cas, être capable de donner la réplique à tous les acteurs que j’admire, remonter sur scène. J’ai tellement d’objectifs et de rêve que cette phrase me parle beaucoup.”

L’humour est parfois raciste, sexiste ou trash. Quelle est la limite à ne pas dépasser dans une comédie ?

“Quand c’est bien amené, il n’y a pas de limite. On peut rire de tout, à condition de parler de tout le monde. Le personnage de Durex est antisémite, homophobe, sexiste, raciste, mais il est horrible avec tout le monde, donc cela ne me gêne pas. Surtout qu’on le présente dès le début comme quelqu’un d’un peu abruti. Cela ne me choque pas d’aller aussi loin. Au contraire, je trouve ça amusant de rire des conneries que tout le monde pense des autres. Mais il faut prendre ça au quatrième degré. Quand il parle de viol cool, par exemple, c’est n’importe quoi. Cela ne veut rien dire. Tout comme cela ne veut rien dire de s’étonner d’un juif qui ne sait pas conduire une Porsche. Ou de dire que les Arabes sont tout le temps des voleurs. Le personnage est choquant en soi. Et évidemment, je ne défends aucun de ses propos. Mais que certaines vannes dérangent plus que d’autres, ça dépend de la perception de chacun.”

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Jouer au gangster, c’était un rêve d’enfant ?

“Oui. Tout à fait. J’ai adoré la scène de flingues, avec beaucoup d’action et de comédie en même temps. Comme dans les films de Jean-Paul Belmondo, que j’adore. C’était l’idole de mon père et j’ai grandi avec ses cassettes. Son nom était écrit en plus gros que le titre des films, c’était incroyable !”

Vous attirez aussi sur votre nom…

“C’est vrai, mais il y a aussi des gens qui ne vont pas au cinéma parce que je joue dans un film (rire). Les 7-41 ans, je dois avoir une tronche qui leur revient bien. Cela me fait plaisir de toujours plaire aux jeunes. Mon petit frère, qui a 10 ans, ne regarde que les youtubeurs. J’ai essayé, je me suis planté ! J’ai donc décidé de continuer à faire de la scène et du cinéma.”

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Kev Adams, champion de snowboard

Des projets, Kev Adams n’en manque pas. Y compris outre-Atlantique. “Je viens de tourner une série en anglais aux Etats-Unis. Elle s’appelle Super High. Elle va sortir en anglais, partout dans le monde en même temps, sur une plate-forme comme Netflix. Ce fut un travail de longue haleine. Mais je ne parle pas encore assez bien anglais pour jouer dans un film.”

Et ensuite ? “En décembre, changement de registre. Je quitte la comédie pour un film d’aventure,Tout là-haut, sur un jeune snowboardeur qui veut rider l’Himalaya, la piste la plus dangereuse du monde. Maintenant, je suis un bon snowboardeur. Mais j’ai eu besoin d’un mois et demi de formation pour m’en sortir. Quand on joue, ajouter un défi physique comme celui-là, c’est un vrai bonheur. Je me suis mis dans la peau d’un snowboardeur pendant six mois. C’était très intense, pendant six mois, entre la France, l’Inde, le Népal. C’est avec Bérénice Bejo, Mélanie Bernier, Vincent Elbaz, un super casting pour un film que je trouve très réussi.”

Ce qui ne l’empêche pas de rêver d’encore changer de registre. “J’adorerais jouer un vrai gangster, avec le Borsalino, le cigare à la bouche et pouvoir dire à quelqu’un :Tue-le ! (rire). Je suis sûr que je le ferai un jour..”