Cinéma

Ben Stassen espère imposer la Belgique dans le cinéma du futur avec Fly me to the moon

BRUXELLES Son nom est totalement inconnu du grand public. Mais cela ne devrait plus durer. Après avoir tourné le premier film en Imax et le premier documentaire animalier en 3 D au monde, Ben Stassen, considéré comme un des grands spécialistes du cinéma en relief, frappe un grand coup ce mercredi avec un dessin animé belge en trois dimensions, Fly me to the moon. Un pari risqué (avec 17,3 millions d'euros, il s'agit du cartoon le plus cher de Belgique) auquel il croit dur comme fer.

"Après le cinéma parlant, la 3 D est la deuxième grande révolution du 7 e art, lance le natif d'Aubel, âgé de 49 ans. Le passage du noir et blanc à la couleur avait changé l'impact, mais pas le langage cinématographique. La 3 D bien. Elle vous plonge complètement à l'intérieur du film, comme si tout ce que vous voyez existait réellement autour de vous. La notion d'espace est tellement différente qu'on ne peut plus filmer de la même façon. "

Ce n'est pas la première fois qu'on tente d'imposer la 3 D. Pourquoi pensez-vous que cela va marcher ?

"Le contexte est différent. Aux États-Unis, les studios misent sur la 3 D pour ramener le public dans les salles. De plus en plus de complexes sont équipés et les lunettes sont désormais d'une technologie avancée. Pole express a engrangé 45 de ses 160 millions de dollars de recettes dans 67 salles équipées de la 3 D, alors qu'il était sorti sur 5.000 écrans ! Pour 2009, DreamWorks ne fera plus que de la 3 D. C'est l'avenir. Et nous voulions le devancer, avant qu'Hollywood n'occupe le terrain. "

D'où le choix de la conquête spatiale...

"Ce film est destiné à être vu partout dans le monde. Il fallait une histoire universelle. Bizarrement, il n'y a jamais eu de film sur la mission Apollo XI. Sans doute parce qu'il ne s'y est rien passé de dramatique, contrairement à Apollo XIII. Ensuite, les images des premiers pas de l'homme sur la Lune restent l'émission de télévision la plus regardée. Cela nous a poussés à aller très loin dans le style réaliste. Tout en introduisant un décalage humoristique avec les mouches. Lors des premières projections, avec les enfants c'est le cas de le dire, on entendait les mouches voler. Ils étaient totalement dans le film. J'avais déjà vu ça avec un autre projet. Un professeur demandait un volontaire, et tous les enfants levaient la main pour être choisis ! C'est la preuve que la 3 D offre une expérience beaucoup plus réaliste. "

Comment avez-vous convaincu Buzz Aldrin d'apparaître à la fin ?

"Il habite Los Angeles, comme moi une partie de l'année. Je lui ai envoyé le scénario ainsi qu'à sa fille, qui est son agente. Cela s'est donc fait simplement. Sa présence donne une caution au film. Que la Nasa a beaucoup aimé. Elle a d'ailleurs décidé de nous épauler lors de la sortie américaine en menant des actions dans les écoles. Pour les USA, nous avons un autre atout : le casting des voix. Christopher Lloyd, Nicolette Sheridan, Jim Curry ou Robert Patrick, ce n'est pas mal du tout. Cela donne une crédibilité supplémentaire."

Vous travaillez sur un autre projet ?

"Oui. Le tour du monde en 50 ans. L'histoire d'une tortue de mer, depuis sa naissance en 1959 jusqu'à sa maturité, en 2009 (le film doit sortir durant l'été de cette année-là). C'est une grande aventure, avec un thème écologique important, puisqu'on montrera l'évolution du milieu. L'univers sous-marin est idéal pour le relief : tout y est en suspension. Pour F ly me to the moon, on me reproche parfois de ne pas avoir utilisé assez d'effets 3 D, avec sortie de l'écran d'un bras ou d'un objet. Mais pour moi, ce ne sont que des gadgets. Le vrai pouvoir de cette technique, c'est d'englober le spectateur. Et personne ne va y échapper. En 2008, on prévoit de vendre un million de télés 3 D aux USA. Ce qui va vraiment les lancer, ce sont les jeux vidéo. On va s'équiper en télé 3 D pour jouer avec un réalisme hallucinant chez soi. "



© La Dernière Heure 2008