Cinéma Le cercle. Lion d’or à Venise

BRUXELLES Sacré Lion d’Or au dernier Festival de Venise, Le cercle décrit avec un subtil mélange de réalisme, de poésie et même parfois d’humour la condition de la femme au pays des ayatollahs. La scène du générique est déjà, en soi, tout un symbole: avec les noms en blanc sur fond noir, on entend les cris d’une femme en train d’accoucher. Puis, sur une porte, un clapet s’ouvre: "Madame, votre fille a accouché d’une très jolie petite fille…" Réponse de la grand-mère, catastrophée: "Mais on avait dit que ce serait un garçon"!
La femme reste un être secondaire et sous contrôle total, en Iran: c’est ce que démontre le film de Jafar Panahi, dont le fil du récit suit les traces d’une femme à problème, dans un pays où une représentante du beau sexe ne peut ni prendre d’autocar pour se rendre dans une autre ville seule, ni protester si son mari a une seconde épouse, ni fumer, ni avorter, ni monter dans la voiture d’un homme.
Le cercle est un ouvrage simple, vivant et intelligent. Réalisé avec des moyens limités, il interpelle par la force des images et le poids de mots.