Cinéma J.J. Abrams signe un épisode spectaculaire, captivant, truffé d’hommages, d’humour et de surprises. Voici notre critique du film.

RÉSUMÉ

Pour régner sans partage sur la galaxie, le leader suprême du Premier Ordre, Snoke, a défini une stratégie en trois points : utiliser la puissance dévastatrice d‘un vaisseau cent fois plus puissant que l’Étoile de la mort sur les planètes de la République, écraser la Résistance avec ses Stormtroopers et faire éliminer le dernier Jedi, Luke Skywalker, par le fan de Dark Vador, Kylo Ren. Pour la générale Leia, cheffe de la rébellion, il faut détruire la Starkiller Base qui alimente l’arme la plus destructrice de tous les temps et trouver avant les ennemis où se terre Luke depuis si longtemps.

NOTRE AVIS

Les fans peuvent dépoussiérer les sabres laser et autres masques de Yoda : J.J. Abrams leur offre pour Noël l’ Épisode qu’ils attendaient depuis Le retour du Jedi, en 1983 . Le successeur de George Lucas renoue avec tout ce qui faisait la force de la trilogie originale : de l’aventure, du grand spectacle, des rebondissements familiaux inattendus et, ce qui manquait le plus à la deuxième trilogie, une bonne dose d’humour.

Le retour d’Harrison Ford constitue donc une bénédiction. Son impertinence et son décalage font entrer le récit dans une autre dimension. Même s’il n’est pas le seul à jouer dans ce registre-là. Le pilote de X-Wing Poe Dameron (Oscar Isaac) sort lui aussi des sentiers battus par son ironie.

Et les autres anciens ? Carrie Fisher doit se contenter de scènes assez sirupeuses. Quant à Luke Skywalker, impossible de l’évoquer sans gâcher le suspense et le plaisir de vision.

Mais une chose est sûre : les vraies vedettes sont à chercher ailleurs. Pas dans un grand méchant moins subjuguant que Dark Vador, mais dans un couple qui fonctionne du feu de Dieu, formé par Rey (Daisy Ridley) et Finn (John Boyega). Ces deux-là reprennent brillamment le flambeau, avec plus de faiblesses que de Force. S’ils veulent vaincre le Premier Ordre, il leur faudra une formation. Les fans en salivent déjà…

Les enfants, eux, n’auront d’yeux que pour BB-8, un robot tout en rondeur incroyablement expressif, drôle, enthousiaste et proche, d’un point de vue caractère, de R2-D2. Impossible de ne pas craquer pour cette boule pleine de ressources étonnantes (les jambes électrocutées de Han Solo s’en souviennent).

Impossible, aussi, de ne pas être séduit par la 3D, magnifique (la sortie d’un vaisseau géant dans la salle en met plein la vue) et par la multitude d’hommages. Aussi bien l’intrigue que la plupart des scènes renvoient directement à la première trilogie, avec des attaques de vaisseaux dans des couloirs étroits, le pillage de quadripodes impériaux, les retours de C-3PO et R2-D2, les mêmes bruitages, les mêmes effets pour relier les scènes, le générique mythique, une séquence de bar qui tient presque du copier-coller ou un affrontement sur une passerelle noire au-dessus du vide.

Sans rien dévoiler de l’intrigue, la famille tient de nouveau un rôle important dans Le réveil de la Force . Avec des liens pas nécessairement très attendus entre certains personnages. Les fans de la première heure seront ravis. Les plus jeunes, eux, vont savourer un spectacle visuellement impressionnant. La Force s’est bien réveillée avec J.J. Abrams, c’est sûr.

---> Star Wars : le réveil de la Force. Aventure/Science-fiction. Réalisé par J.J. Abrams. Avec Daisy Ridley, John Boyega, Oscar Isaac, Harrison Ford, Carrie Fisher, Mark Hamill, Adam Driver. Durée 2 h 16



"Ma vie ne sera plus la même"

© Disney

À 23 ans à peine, Daisy Ridley s’impose comme la nouvelle héroïne de la saga Star Wars

Seuls les amateurs de séries (et encore…) l’avaient vu passer furtivement à l’écran. Mais avec son sourire à la Keira Knightley et un look qui évoque Natalie Portman, Daisy Ridley accède, à 23 ans à peine, à la célébrité mondiale grâce au Retour de la Force . Dans lequel elle incarne une pilleuse d’épaves assez intrigante dont la vie change par la faute de BB-8.

" J’ai entendu parler de ce rôle bien avant les auditions grâce à deux de mes amies qui travaillent dans ce business , explique-t-elle. Quelques jours après, je me suis dit que je ne perdrais rien en tentant ma chance. Six mois plus tard, quand j’ai entendu que la production commençait à ouvrir le casting à des inconnus, allez savoir pourquoi, j’ai commencé à y croire ! "

On ne sait pas grand-chose sur vous…

"Vous pouvez même dire que Le réveil de la Force est mon premier film, car celui qui précède ne compte pas vraiment ! Il a été tourné à l’école. Je n’étais pas contente du résultat ! Je devais avoir neuf ans. Ma mère m’avait inscrite dans des cours d’art dramatique car j’étais très indisciplinée à l’école. Elle pensait que ce type de cours allait m’apprendre à mieux me focaliser sur les cours en classe ! En fait, ça n’a pas marché comme elle l’espérait. L’effet fut même contraire ! Je n’aurais jamais imaginé que bien des années plus tard, je deviendrai actrice et que j’en ferai mon métier !"

Comment avez-vous eu le job ?

"Je croyais avoir ruiné mes chances lors des premières auditions ! Il faut croire que J.J Abrams a vu un potentiel en moi puisqu’il m’a autorisé à revenir et à lire à nouveau quelques répliques ! Il voulait visiblement que je sois persévérante. Je n’en reviens toujours pas ! Rey est une fille incroyablement brave. Au départ, elle fait preuve de courage toute seule. Puis elle va faire des rencontres qui vont changer sa vie et son destin. Notamment Finn, joué par John Boyega. Ils vont alors se lancer dans une incroyable aventure. Rey est une fille qui donne de l’espoir."

Parlez-nous d’elle. Est-elle dans la lignée de la princesse Leia ?

"C’est un compliment : la princesse Leia est une icône pour des générations de femmes. Dans Le réveil de la Force , et en tant que fille, je rappelle qu’on peut avoir les cheveux longs, se maquiller et être aussi téméraire que les gars !"

Votre vie va être bouleversée. Vous en avez conscience ?

"J’en ai beaucoup parlé à Harrison Ford parce que justement cela m’inquiétait. Il m’a fait comprendre qu’en disant ‘oui’ pour Star Wars , j’avais signé un aller simple et qu’il était désormais impossible de faire machine arrière. Quoique je fasse, quoique je dise où que j’aille, ma vie ne serait plus comme avant. C’était assez déstabilisant au début, mais je vais m’y habituer. Et puis, je ne suis pas non plus atteinte d’une maladie incurable. Ce rôle que m’a offert J.J c’est plus qu’un tremplin, c’est une fusée qui va me booster très haut ! Enfin, je l’espère !"



Quatorze mois d’auditions et d’entraînements

© Disney

Comme tout Stormtrooper qui se respecte, celui incarné par John Boyega n’était défini que par un matricule : FN2187. Ce qui, phonétiquement, débouche sur son prénom pour la Résistance : Finn. Un nom à retenir, car une grande partie de l’aventure repose sur les solides épaules cet inconnu de 23 ans.

Comment avez-vous été recruté par J.J Abrams ?

"On ne m’a pas donné le job aussi facilement ! Je suis passé par sept mois d’auditions et autant d’entraînements. La production voulait s’assurer qu’il y avait une alchimie naturelle avec les autres personnages quand je lisais mes lignes ! Au moment où je pensais avoir décroché le rôle, il fallait toujours que quelqu’un m’appelle pour refaire un essai. C’était comme si on me narguait."

Quelle a été la partie du tournage la plus difficile ?

"Endosser le costume Stormtrooper. Il était attaché en dessous de mes aisselles, puis entre les cuisses et parfois entre… mes fesses ! C’était très inconfortable ! D’autant que je devais courir dans le désert ! Du coup, les costum designers ont dû modifier certaines choses. Ils ont tout essayé. Mais nous n’avons jamais vraiment eu gain de cause."

Votre famille doit être fière de vous.

"Elle est constituée de gens très simples. Pas dingues de Star Wars et je pense que cela va être très intéressant pour eux d’être confronté aux vrais fans. De mon côté donc, tout le monde est un peu froid concernant cette saga."

Quel était votre personnage préféré ?

"J’ai toujours été pro-Empire mais mon personnage préféré, c’était Han Solo. Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il essaie toujours de se faire un peu de pognon ! Comme tous les hommes…"

Vous vous rappelez de votre rencontre avec Harrison Ford ?

"Et comment ! J’étais en train de ferrailler dur, sur le set. Harrison s’est pointé avec JJ. Je lui ai dit : ‘Vous êtes en forme.’ Il m’a alors regardé en ronchonnant : ‘Hhhhhmmmm Qu’est ce que tu veux dire par là ?’ J’ai regardé alors J.J. Ce dernier s’est alors adressé à Harrison et lui a confirmé qu’effectivement, il avait l’air d’être au top pour son âge ! Bref, c’est après ça que j’ai pigé qu’il me charriait ! Depuis, nous sommes super amis ! D’ailleurs, cette rencontre a une incidence quelque part dans le scénario. Finn et Han Solo sont très cash l’un envers l’autre ! Transparents. Honnêtes. Directs. À chaque fois que l’on se parle avec Harrison, c’est pour causer de tout et de rien ! Sinon, on se chambre beaucoup ! Quand je lui demandais si j’étais son meilleur pote, il me rétorquait : ‘Tu plaisantes ! Je ne peux pas te blairer, kid .’"