Cinéma La société Locatema met en vente des milliers d’objets et de meubles du cinéma.

C’est la fin d’une belle histoire, celle que la société Locatema entretenait avec le cinéma français depuis des décennies. C’est chez eux que les décorateurs de plateaux faisaient leur marché quand il s’agissait de dégoter un canapé Louis XV ou un téléphone crapaud des années 50. Faute de place, et parce que la mairie veut récupérer les espaces de stockage, Locatema est contrainte de faire de la place. D’où l’idée de revendre ces petits bouts de patrimoine, qui sont chers au cœur des cinéphiles.

Pour se faire une idée de ce que l’on pourra y acquérir - mises en vente à partir de 10€, mais les prix risquent de grimper pour les pièces les plus emblématiques -, les portes des hangars vont, exceptionnellement, s’ouvrir au public les 21, 22 et 23 septembre, en préambule à la vente qui, elle, se déroulera les 27, 28 et 29 de ce mois.

Dans les allées des studios d’Aubervilliers, vous déambulerez ainsi entre la cuisine jaune du Léon de Luc Besson, le salon de La famille Bélier, mais également entre les fauteuils de La vérité si je mens. Posé sur un meuble, vous devriez même pouvoir feuilleter l’herbier que le fils de Louis de Funès peaufine dans Les grandes vacances. L’histoire ne dit pas si les revues pornos qu’il y cache se trouvent toujours à l’intérieur…

Pour Alexandre Millon, commissaire-priseur des ventes précédentes, la magie opère toujours auprès du public, venu s’offrir une petite part de rêve, un peu d’Ours de Berlin, un peu de César, comme avec ce salon Knoll dans lequel se vautre Guillaume Gallienne dans Les garçons et Guillaume, à table ! "C’est passionnant d’essayer de comprendre comment un mobilier classique devient extraordinaire car il passe par le prisme du cinéma", explique-t-il.

Pour la direction de Locatema, la vente mettra également du beurre dans les épinards, puisque ces dernières années le poste décoration n’est pas celui dans lequel on investit le plus au cinéma. Et comme la société loue les meubles à 10 % de leur valeur marchande, joindre les deux bouts semble de plus en plus difficile…