Le dernier Tarantino: Un western wagnérien

P.L. Publié le - Mis à jour le

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Quentin Tarantino mélange les références improbables dans Django Unchained

HOLLYWOOD Sans verser dans le masochisme pur et dur ou l’angélisme futuriste, il y a des jours où on aimerait bien être déjà en 2013. Et cela n’a rien à voir avec une quelconque retraite anticipée toujours plus inaccessible, y compris, hélas, pour tous ceux qui nous paraissent vieux avant l’âge depuis tellement longtemps. Non : dans quelques mois sortira sur nos écrans le nouveau délire de Quentin Tarantino, Django Unchained . Le 16 janvier 2013 pour être précis. Un hommage au western-spaghetti (appelé western-macaroni au Japon, d’après le cinéaste) à l’affiche somptueuse.

Dans les États du Sud, fermement attachés à leurs traditions esclavagistes, l’ancien dentiste allemand reconverti en chasseur de primes (il n’y a pas de sots métiers) Christoph Waltz (souvenez-vous l’extraordinaire colonel nazi d’Inglorious Basterds ) ne se fait pas que des amis en libérant un esclave noir, Django (Jamie Foxx). Ensemble, ils vont tenter de libérer la femme de ce dernier (Kerry Washington, il a bon goût, le bougre), tombée sous la coupe d’un cruel et richissime propriétaire terrien ayant les traits de Leonardo DiCaprio.

Tout ça sent le déjà vu ? Logique : Quentin Tarantino a piqué des morceaux des grands classiques du genre pour faire un de ces patchworks improbables (et souvent jouissifs) dont il a le secret.

Par certains aspects, Django Unchained se présente comme un pur western , explique-t-il. Parmi les références, il y a bien sûr les westerns, et plus précisément les westerns-spaghetti américains et noirs, tels que Buck et son complice, Boss ou des films de ce style. Mais il y a d’autres pistes, et notamment tout ce qui touche au film de vengeance. Pour être honnête, il y a aussi un peu du Cycle de l’Anneau de Wagner dedans, à travers le personnage de Kerry Washington, qui s’appelle Broomhilda et à travers le personnage de Christoph Waltz, le Dr. Schultz.

Ses références musicales, pour autant, ne devraient pas trop sombrer dans le classique. Mais plutôt, comme souvent avec lui, dans de bons vieux rock détournés et autres bandes originales de films totalement sorties de leur contexte.

C’est un processus. Ça commence avant même l’écriture. Si je me dis : Hé, c’est une histoire que je pourrais très bien faire, alors je fonce et je me plonge dans ma collection de disques. C’est presque comme si j’essayais de trouver le ciment qui va faire tenir ensemble les briques de la maison que je m’apprête à construire. Et puis je trouve quelques musiques. En général, j’essaie d’abord de trouver la musique du générique d’ouverture. Une fois que j’ai trouvé ça et que c’est bon, ça m’excite – je me dis : Bon, peut-être que je vais vraiment le faire ! Ensuite je n’arrête plus de chercher d’autres chansons, d’autres musiques. Et parfois je m’arrête d’écrire, je m’en vais, littéralement, et je me passe quelques-unes des musiques que j’envisage d’utiliser. Je visionne le tout dans ma tête, en faisant les cent pas dans la pièce et en me projetant les scènes montées avec la musique en question. Alors je m’imagine assis dans un cinéma, au Cinerama Dome ou au Palais des Festivals de Cannes, en train de regarder le film, et j’imagine tout le monde se lâchant là-dessus, et ça me regonfle à bloc. Ensuite, de nouvelles idées me viennent pendant le tournage, tandis que d’autres disparaissent. Cet incroyable Cat People utilisé dans Inglorious Basterds, ça ne m’est venu que deux semaines avant le tournage. On l’a passée sur le plateau, et c’était vraiment cool. Mais c’est toujours un processus, jusqu’au montage.

On attend le résultat final avec impatience. Même si on doit vieillir de quelques mois pour ça.



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