Cinéma Les chiffres d’entrées de nos films ont augmenté de 69 % chez nous l’an dernier.

Il existe toujours plusieurs manières d’analyser les mêmes chiffres. Mais concernant le bilan 2017 du Centre du cinéma et de l’audiovisuel, seul l’optimisme est de mise. On ne peut qu’applaudir l’extraordinaire croissance de 69 % de fréquentation en Belgique, par rapport à 2016, des films soutenus par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ou le succès de Chez nous de Lucas Belvaux, champion de l’année écoulée avec 351.000 entrées en France et en Belgique, devant Faut pas lui dire de Solange Cicurel (168.000) et Noces, de Stephan Streker (148.000). Deux excellents films sur trois, c’est plutôt rare en tête du box-office…

Comment ne pas se réjouir, aussi, de l’élargissement de l’enveloppe financière pour les productions (9,53 millions €, contre 8,47 en 2016) et pour l’ensemble de l’industrie cinématographique (31,4 millions alors que le montant plafonnait à 27,4 millions douze mois plus tôt) ? Ou ne pas saluer les 22 prix récoltés par InSyriated de Philippe Van Leeuw, ou les 240 trophées remis aux films et séries dans leur ensemble ?

La Commission de sélection des films a aussi attribué 425.000 € à Fabrice du Welz pour Adoration (sur un budget de 2,6 millions) et à Joachim Lafosse pour Continuer (avec Virginie Efira; budget : 5,4 millions €) ou 430.000 € à Nabil Ben Yadir pour Animals (budget : 1,4 million €), Benoît Mariage pour Bilal Pacino (budget : 3,8 millions €) ou Alain Berliner pour Rendez-vous in Paradise (budget : 3,8 millions €). De quoi donner le sourire à pas mal de monde.

Les résultats pourraient même se révéler bien plus impressionnants encore. En prenant en compte toutes nos œuvres, et pas seulement celles soutenues par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le vrai champion, Bigfoot Jr, le dessin animé de Ben Stassen, a attiré 8 millions de personnes dans le monde, soit bien plus que tous les longs-métrages belges de 2017 réunis.

Si les entrées réalisées par les trente films d’initiative belge francophone en 2017 explosent en Belgique, elles restent stables en cumulant les chiffres français (1.099.322 en tout, contre 1.073.086 en 2016). Mais un bémol s’impose malgré tout. Les trois premiers films ont attiré à eux seuls 677.000 spectateurs. Les 27 autres doivent donc se contenter d’une moyenne de 15.641 tickets de cinéma. Plutôt faiblard… Et même catastrophique pour deux productions noir-jaune-rouge, qu’on ne citera pas pour ne pas retourner le couteau dans la plaie, visionnées par 88 et 69 spectateurs sur l’ensemble de leur carrière.

Enfin, si la situation s’améliore, il reste quand même encore beaucoup trop de marge avant que nos fictions, si souvent primées à l’étranger, ne se glissent enfin dans le Top 10 du box-office national. Tout n’est donc pas parfait.