Cinéma Benoît Poelvoorde ne décolérait pas d’avoir accidenté sa Porsche pour venir faire la promo du Grand Bain à Bruxelles

"En forme, Benoît Poelvoorde est l’homme le plus drôle du monde." Gilles Lellouche, le réalisateur du Grand Bain, parlait d’or. Car en forme, le Namurois l’était ce mercredi à Bruxelles. En retard "à cause des imbéciles qui ralentissent devant un accident sur l’autre bande de l’autoroute" et complètement déchaîné après avoir amoché sa Porsche "par la faute d’un abruti qui bloquait la rue", ses pensées le ramenaient en permanence à sa voiture et à la facture qu’il aurait volontiers envoyée à Gilles Lellouche. Du grand show, irrésistiblement drôle.

Car il n’hésite pas à flinguer. Notamment l’idée qui sous-tend Le Grand Bain : l’impossibilité de faire rentrer un rond dans un carré. "Je n’ai jamais rien compris à ça. C’est facile de faire rentrer un rond dans un carré…"

Bousiller l’intro du Grand Bain, ça, c’est fait. Mais il se rattrape aussitôt. "Faire des films comme Gilles Lellouche, c’est impossible pour moi. Dans La French, par exemple, personne ne me prendrait au sérieux. Même moi je ne me prendrais pas au sérieux… Je ne le tenterais donc pas. Il y a un moment où l’on peut être lucide et se dire que l’on ne sait pas le faire." Les losers, en revanche, il aime les incarner. On sent chez lui de la tendresse à leur égard. "Gilles l’a écrit pour moi. Même si je ne suis pas d’accord, c’est comme ça qu’il me voit. Radin, qui ne paie jamais, par exemple. C’est faux. C’est juste que je n’ai quasiment jamais d’argent sur moi. Mais là, j’ai 20 € en poche ! Gilles me voit comme un loser."

Un rôle récurrent dans sa filmographie. "Aujourd’hui, je peux le dire, j’ai une bonne gueule de loser. Déjà, j’ai cassé ma voiture… Je ne pense qu’à ça. De toute façon, je pense que l’on est tous des losers. On a tous un truc de loser en soi. Il n’y a rien de plus emmerdant, déjà, qu’un mec qui gagne tout le temps. Et on a tous un côté minable. Vous m’auriez vu, au bord de la route, j’avais l’air con, devant toute une terrasse ! Déjà, quand tu roules en Porsche décapotée, tu passes pour un mariolle. Je roulais nerveux car j’étais en retard. Et là un type décharge. Je fais marche arrière et ça fait ‘Pott’. C’est mauvais signe : une voiture ne fait jamais ‘Pott’pour rien. Devant tout le monde, c’était la honte…"

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