Cinéma

La suite de Blade Runner verse moins dans le thriller, plus dans la science-fiction philosophique. Jean-Pierre Bacri signe le bijou de la semaine. Côté belge, Michael Roskam réalise un polar efficace avec la star belge Matthias Schoenaerts et la talentueuse Adèle Exarchopoulos.

Blade Runner 2049: visuellement sublime

L'HISTOIRE: fait très inhabituel, avant la projection de presse, Denis Villeneuve a supplié les journalistes de ne pas dévoiler l’intrigue de Blade Runner 2049. Demande que nous allons respecter. Tant les effets de surprise sont nombreux dès le départ dans cette traque des anciens réplicants (remplacés par les obéissants Nexus 8) par les blade runners.

NOTRE AVIS (4/5): Graphiquement, la suite se montre très fidèle au long métrage filmé par Ridley Scott en 1982 : publicités géantes sur les immeubles - y compris certaines des années 80… -, scène de repas solitaire dans un marché pluvieux, ambiances très sombres d’un univers postindustriel, immeuble pyramidal de la Tyrell Corporation racheté par Niander Wallace, un richissime industriel de l’alimentaire bien décidé à pousser beaucoup plus loin les capacités des androïdes ou architecture qui s’élève toujours plus vers le ciel. Mais sur le fond, les différences sont énormes. Là où Ridley Scott avait construit un thriller futuriste aussi angoissant tant par son intrigue que par son univers déshumanisé, Denis Villeneuve, lui, verse dans le film de science-fiction plus philosophique que policier, plus nostalgique que terrifiant. L’enquête du policier matricule KD6-3.7 (Ryan Gosling) renvoie avant tout à notre propre vision de la technologie, au pouvoir quasi divin que nous nous octroyons vis-à-vis des robots, là où celle de Rick Deckard offrait une mise en garde par rapport à un avenir encore très hypothétique.

Visuellement sublime, avec énormément de contrastes dans la même image de couleurs chaudes très lumineuses (le jaune-orange ou le rose fluo) et sombrement froides, Blade Runner 2049 s’impose comme un des plus impressionnants blockbusters futuristes produits depuis longtemps par Hollywood. Autant par sa beauté, son ironie glacée ("Fuck off, Andro"), sa musique tambourinante obsédante, ses trouvailles (une compagne holographique dotée de conscience) que par la profondeur de la réflexion sur l’humanité. Et cela, malgré une longueur un peu excessive (2 h 43) et la nonchalence de l’action. Pour tous les fans de l’original et les amateurs de très grand spectacle, c’est un must.

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