Cinéma

Vincent Lindon rêvait d'un thriller depuis longtemps

BRUXELLES À l'évidence, Vincent Lindon est un acteur heureux. Son carnet est bien rempli pour les mois, voire les années à venir, et le pari de faire confiance à des metteurs en scène débutants lui réussit. Après Ceux qui restent d'Anne Le Ny, le voici en mari prêt à la cavale pour sauver sa femme dans un film très différent signé Fred Cavayé.

"Dès que j'ai lu le scénario, je voulais être Julien ! En plus, je trouve que c'est galvanisant, voire jubilatoire, d'accompagner un réalisateur dans son premier film. C'est un pari, on prend des risques, mais un artiste, ça sert aussi à ça. C'est bien de tendre la main et d'entraîner les gens avec soi. Évidemment, on ne peut pas faire que ça. Mais dans la vie d'un acteur, c'est important et j'en suis plus que jamais persuadé. "

Depuis ses débuts dans un polar raté - Le Faucon , de Paul Boujenah - et d'autres rôles secondaires (L'addition et Parole de flic ), il rêvait de tourner dans un film d'action contemporain. "On m'a enfin donné un flingue, et je ne l'espérais plus ! Pouvoir jouer moi-même dans le genre de film que j'aime aller voir au cinéma depuis que je suis tout petit, rien que pour mon plaisir, était, avant même de commencer le tournage, un vrai bonheur. Mais on est ensuite confronté, je l'avoue, à la peur du ridicule. Ce genre de film est devenu très risqué, surtout en France.

Cette hantise m'a poursuivi durant le tournage et, au fond, elle correspond un peu à celle du héros que j'incarne : un prof de français qui en perd son latin (sic). Je voulais qu'on évite tout dérapage. Vous savez, moi, sur un tournage, je dis toujours ma façon de penser. Je me mêle de tout ce qui ne me regarde pas. C'est vital. Cela dit, une fois que c'est fait, on en fait ce qu'on veut. Cette fois, je suis tombé sur un réalisateur en quête d'ouverture. "

Vincent Lindon ne tarit pas d'éloges à propos de l'auteur de Pour elle . "Quand j'ai découvert le film monté, je me suis simplement trouvé à la place du spectateur et je peux dire que je suis fier d'avoir participé au premier film de Fred, qui a fait preuve d'une incroyable dextérité."

Dans le domaine du film d'action, voilà de quoi faire oublier l'échec du Frère du guerrier, très joli western médiéval de Pierre Jolivet très injustement boudé lors de sa sortie voici cinq ans, où, à défaut d'un flingue, on lui avait confié une épée...



© La Dernière Heure 2008