Cinéma

Dominique Dubuisson et Dominique Smeets respectivement producteur et réalisatrice du film "Marbie, star de couillu les deux églises" ont fait état vendredi matin lors d'une conférence de presse à Charleroi d'un certain nombre de soupçons entourant l'attribution du Magritte du meilleur premier film à l'oeuvre 'Je te survivrai'.

Sylvestre Sbille, le réalisateur du film primé se défend formellement de toute magouille: "Je suis étonné et attristé. Je fais partie du métier, je sais comme la réalisation d'un film peut vous tenir à coeur donc je comprends la frustration de Marbie, mais tout cela prend des proportions ridicules."

L'équipe de "Marbie..." l'assurent: leur long métrage en compétition pour ce prix aurait selon eux été en tête des votes du public durant plusieurs semaines avant de "mystérieusement" se faire dépasser. L'équipe du film 'Marbie, star de couillu les deux églises' a dénoncé notamment l'absence d'un huissier susceptible de veiller au bon respect de la procédure ainsi que des changements de date pour le terme de la période des votes. Son avocat a introduit dernièrement une requête en référé auprès de la présidente du tribunal de première instance de Charleroi pour obtenir les résultats du vote auprès du webmaster. "Les déclarations du webmaster effectuées devant huissier indiquent que pendant très longtemps, le film Marbie a été en tête des scores. Le webmaster a communiqué l'évolution des scores à des membres de l'académie Delvaux, qui est titulaire des Magritte, avant le terme des votes", a affirmé l'avocat Jean-Claude Derzelle.

Selon Dominique Dubuisson, qui s'appuie sur les données obtenues auprès du webmaster, l'évolution des votes est linéaire pour l'ensemble des films sauf pour "Je te survivrai", qui du 15 au 25 janvier a vu sa courbe prendre une ascension verticale "surprenante".

Sur cette ascension verticale, Sylvestre Sbille s'explique: "Dominique Dubuisson a activé son réseau, j'ai activé le mien. Seulement, j'avais consulté des amis issus du monde de la communication pour savoir comment être le plus efficace. J'ai suivi leurs conseils, et je n'ai entamé la campagne de votes qu'à deux semaines de l'échéance." D’où l'ascension "surprenante" dénoncée par Dominique Dubuisson, selon le réalisateur de "Je te survivrai". "Il est vrai qu'il existe du copinage et des collusions dans le cinéma belge, mais dans le cas présent, on nage en pleine théorie du complot. C'est une frustration légitime mais disproportionnée."