Cinéma Le film de François Damiens fait plus d’entrées en une semaine dans nos salles que le champion belge de 2017 !

Dans le domaine culturel encore plus qu’en sport, chauvinisme ne rime vraiment pas avec Belgique. Il suffit souvent d’estampiller un film noir-jaune-rouge pour que les salles de cinéma restent désertes. L’an dernier, dix longs métrages de notre plat pays n’ont pas réussi à attirer 5.000 spectateurs sur l’ensemble de leur carrière. Deux d’entre eux n’ont même réalisé que 88 et 65 entrées. C’est dire.

Du côté des champions, ce n’est guère réjouissant non plus. Le podium 2017 était occupé par Angle mort de Nadil Ben Yadir (41.015 tickets de cinéma vendus), Noces de Stephan Streker (39.837 entrées) et Tueurs de François Troukens (30.514 spectateurs). Des scores plutôt déprimants. Qui seront, c’est une certitude, pulvérisés cette année.

Faut-il y voir un effet Diables Rouges ? D’évidence, les Belges se montrent beaucoup plus fiers de leur cinéma en cette période de pré-Coupe du Monde. En une seule semaine, Mon Ket a en effet déjà fait hurler de rire 48.500 compatriotes dans nos salles de cinéma. Un résultat magnifique en un temps record pour la toute première réalisation de François Damiens.

Il avait pourtant pris de gros risques. L’histoire de ce père indigne, qui pousse son fils de 15 ans à fumer, à brosser l’école, à fréquenter les prostituées ou à escroquer les banques, a été tournée en caméra cachée. Avec de simples passants qui ignorent totalement qu’ils vont devenir les acteurs principaux de cette comédie audacieuse et tendre extrêmement révélatrice d’une gentillesse - parfois surréaliste - profondément ancrée dans la population.

Le résultat est souvent désopilant. Et hallucinant. Et ça marche ! Même s’il reste beaucoup de chemin pour égaler les 715.471 entrées (en 1996) du Huitième jour de Jaco Van Dormael, sur base de son bouche-à-oreille, Mon Ket devrait rapidement occuper une place d’honneur dans le box-office belge de tous les temps. Et c’est amplement mérité.