Cinéma Stijn Coninx tournera cet été l’histoire vraie de David, dont les parents et la sœur ont été abattus à Alost en 1985.

Présent au Festival de Cannes uniquement à travers des coproductions, le cinéma belge n’est pas pour autant entré dans une période de léthargie. Quelques projets ambitieux sont en cours de concrétisation. Comme Niet Schieten ( Ne tirez pas ), de Stijn Coninx, qui va revisiter les tueries du Brabant sur grand écran. "C’est basé sur le livre Ne tirez pas, c’est mon papa, de David Van de Steen, explique le cinéaste de 60 ans. Il avait 9 ans en 85 quand ses parents et sa sœur ont été tués devant ses yeux et qu’il a été gravement blessé. C’étaient trois des huit victimes de la dernière attaque des tueurs du Brabant, à Alost. Il m’a contacté pour que j’en fasse un film, en 2010 déjà. J’ai été tellement choqué par ces attaques que j’ai accepté. Mais c’est un sujet difficile, délicat, très important pour toute la Belgique, et donc, on a pris le temps de bien peaufiner le projet qui va être filmé cet été."

C’est très différent de Daems , Sœur sourire ou Marina …

"Oui. Je ne suis pas un spécialiste des tueries du Brabant. En général, je dis non aux films policiers car des milliers de réalisateurs le font mieux que moi. Et puis, c’est toujours pareil : on tue quelqu’un et on cherche le coupable. Ici, c’est très différent. C’est une histoire vraie, centrée surtout sur les victimes. Je n’ai pas la prétention de dire qui étaient les tueurs. Mais le fait que les personnages se le demandent toujours aujourd’hui, c’est incroyable."

L’intrigue ne se déroule pas uniquement en 85 ?

"Non, on voit David évoluer. Il a maintenant 40 ans, et comme ses grands-parents habitaient en face du Delhaize d’Alost, le récit est surtout centré sur eux. Mais je travaille encore toujours sur le scénario… Ce sera symbolique de ce qu’ont vécu toutes les victimes."

Quand aura lieu le tournage ?

"On tournera en partie à Alost à partir de fin août. Pour une sortie fin 2018. Le financement n’est pas bouclé mais plus personne ne peut m’arrêter maintenant ! C’est un sujet qui reste tabou en Belgique et pour moi, le cri de David doit absolument être entendu. C’est sans doute le dernier cri pour qu’on réponde enfin aux questions que tout le monde se pose : qui étaient-ils ? Pourquoi personne n’a jamais été présenté à la justice ? C’est quand même bizarre qu’après tant d’effort des enquêteurs et des journalistes, il n’y ait pas le moindre résultat. La tristesse et la frustration, les enquêteurs la partagent avec les victimes car on n’a rien fait de leur travail. Et dans 8 ans, il y aura prescription. Cela me choque. C’est pour ça que je dois faire ce film."


La fin de vie de Franck VDB au cinéma

Autre projet belge amené à faire beaucoup de bruit : Engel, de Koen Mortier, inspiré par les derniers jours de Franck Vandenbroucke.

" On tournera en octobre pour une sortie en 2018, explique le cinéaste. C’est basé sur un livre de Dimitri Verhulst, le monologue de la prostituée qui était avec lui au Sénégal. Le film est un exercice libre sur base de la mort de Franck Vandenbroucke. C’est la vie d’un sportif considéré comme un dieu mais qui a rencontré des grandes difficultés. C’est aussi une histoire d’amour entre deux personnes perdues."

Pour les rôles principaux : Jérémie Renier et Aïssa Maïga. "Oui, mais tout dépendra du financement au final. Le budget sera de 2 millions €."

En dépit de l’opposition de la maman du champion. "Je l’ai rencontrée, mais nos avis sont différents. Pour moi, c’est important de montrer ce que vivent de jeunes stars du sport. Beaucoup sombrent après leur carrière. Pourquoi ? Et j’aborde aussi le problème du dopage : quel est son effet sur la personnalité et pas juste sur les performances ? Cela va bien au-delà de VDB."