Cinéma

L'Episode VIII se révèle surprenant, palpitant, nostalgique, visuellement sublime et très drôle par moments.

C’est la grosse déprime dans une “galaxie lointaine, très lointaine”. En haut de la falaise où il se cache, Rey apporte à Luke Skywalker son sabre laser… qu’il balance derrière lui sur des Porgs étonnés ( “Vous n’avez pas besoin de Luke Skywalker”), la base rebelle est attaquée par surprise par le général Hux en pleine évacuation, Poe est dégradé pour insubordination, le Premier Ordre a trouvé le moyen de tracer les vaisseaux même lorsqu’ils s’échappent à la vitesse lumière, la générale Leia est gravement blessée et Kylo Ren parvient à entrer en contact avec Rey par télépathie. L’écrasement définitif n’est plus qu’une question d’heure. Les derniers espoirs reposent sur Luke Skywalker, mais s’il s’est enfui sur cette île, c’est pour y mourir et mettre fin à l’ordre Jedi. Pas pour former de nouveaux chevaliers ni reprendre le combat.

Du côté du Premier Ordre, ce n’est pas la joie non plus. Très déçu par Kylo Ren, le leader suprême Snoke rabroue vertement celui qu’il voyait devenir le “nouveau Vador. Je me suis trompé, tu tiens beaucoup trop de ton père, jeune Solo. Tu es juste un enfant avec un masque.”

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Notre avis: top

La noirceur est donc de mise. Mais aussi, et nettement plus que dans l’Épisode précédent, l’humour. Les Porgs malmenés par ce vorace de Chewbacca, la combinaison percée de Finn, la prestation très décalée de Benicio Del Toro en hacker de génie uniquement motivé par l’appât du gain, les initiatives musclées de BB-8 ou la manière de filmer des fers à repasser comme s’il s’agissait de puissants engins spatiaux apportent plusieurs respirations souriantes. Tout comme d’autres événements ou commentaires qu’il vaut mieux garder secrets pour le plaisir de la découverte.

Car des surprises, le scénario en contient pas mal. Certaines évolutions surviennent beaucoup plus tôt que ce qu’on aurait pu imaginer, d’autres suivent des chemins de traverse assez originaux. Même si on se serait bien passé des clins d’œil à James Bond dans une séquence de casino visuellement superbe et même si le sauvetage de Leia dans l’espace frise le grotesque, la plupart des trouvailles élargissent considérablement l’univers Star Wars. Et cela, malgré les inévitables, nombreuses et souvent très réussies références à la trilogie originale. Une chose est sûre : les fans de la première heure seront aux anges. Tout comme les inconditionnels de l’action hollywoodienne, servis par des séquences de très haut vol.

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Si le script étonne par sa consistance, ses variations psychologiques et sa manière de casser quelques gros clichés hollywoodiens, c’est surtout visuellement que Star Wars : les derniers Jedi impressionne. Les traces rouges laissées par les vaisseaux sur une planète de sel vont entrer dans l’imagerie culte de la saga. Tout comme une attaque en vitesse lumière graphiquement incroyable, à la limite de la BD, totalement novatrice pour la série. Juste sublime.

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Et puis, il y a les Porgs , craquants et amusants. Ou les renards de cristal, destinés à rendre l’ensemble plus accessible pour les kids. Tout comme BB-9E, la version darvkadoresque et un peu sous-utilisée de BB-8. Sans oublier les astuces, illusions d’optique, changements imprévus de comportements et autres manœuvres désespérées pour que survive “l’étincelle qui allumera la flamme de la rébellion”. Et cela, même si Luke Skywalker l’affirme : “Personne ne disparaît jamais vraiment.”

Avec son film mené tambour battant, Rian Johnson réussit le tour de force de renouveler l’univers Star Wars tout en restant fidèle à ses fondements, à revisiter des scènes classiques tout en ouvrant de nouvelles perspectives, à offrir 2 h 32 de grand spectacle dans lequel les femmes occupent de plus en plus les premiers rôles. Tout cela est de très bon augure pour l’Épisode IX, programmé dans les salles le 20 décembre 2019.


© Disney

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