Cinéma Il a offert aux festivaliers les vingt premières minutes de son nouveau film. Sortie en septembre

CANNES La caméra suit un policier dans sa ronde quotidienne, sur les trottoirs de Central Station, la gare principale de New York. Le matin, ce policier s’est levé à 4 heures. Avant de partir au travail, comme tous les jours, il a ouvert la porte de la chambre de ses enfants. Puis le voilà quelques heures plus tard à observer des jeunes punks qui s’intéressent de trop près à une vieille passante. Il est interrompu par des touristes japonais qui lui demandent le chemin. L’ombre d’un avion, sur la façade des gratte-ciel, n’effraie personne. Mais soudain, un bruit. Un bruit lourd...

Le réalisateur Oliver Stone était célébré au Festival de Cannes, dimanche soir, à l’occasion des vingt ans de son film culte, Platoon, mais c’est lui qui a offert le cadeau d’anniversaire. Et quel cadeau ! Une vision, en toute première mondiale, des vingt premières minutes de son nouveau film, World Trade Center. Consacré comme on l’imagine à la tragédie du 11 septembre 2001.

Pour du grandiose, c’est du grandiose. Par exemple, au début du film, on se demande comment Oliver Stone a-t-il pu avoir des plans aussi parfaits de Manhattan avec les Tours. Il montre notamment un touriste sur un bateau, près de la Statue de la Liberté. Le touriste est dans le plan et les tours jumelles aussi. Ça, il a bien fallu qu’il le filme...

Mais surtout, on accompagne une équipe de policiers new-yorkais en intervention sur les lieux du drame. Dans le désordre, le chaos, l’incompréhension. Dans le car qui les amène, un des agents a sa femme au téléphone : elle lui annonce qu’un deuxième appareil a éventré la deuxième tour. Les policiers ne la croient simplement pas. Ils se moquent d’elle et de la radio qu’elle écoute.

Mais la vérité est là. Alors, on pénètre avec cette équipe au cœur du drame. On voit un hall du rez-de-chaussée transformé en hôpital de première urgence. Des blessés y sont soignés au lieu d’être évacués. On pénètre plus loin. Le spectateur est véritablement, avec les policiers, à l’intérieur du World Trade Center. La vingtième minute est celle d’un grand tremblement. Il pleut des blocs de béton. Dans le hall transformé en hôpital, tout le monde est condamné. Puis un long noir absolu. Au bout de ce long moment, deux yeux s’ouvrent…
La suite pour la sortie du film. Fin août aux États-Unis. Septembre chez nous. Avec Nicolas Cage.

Quant à Oliver Stone, il a justifié le choix de ce thème : “Les situations évoquées en 1986 dans
Platoonse sont, depuis, répétées en Afghanistan, au Kosovo, en Irak et la tragédie du World Trade Center est du même type. Par mes films, j’essaie de montrer la vérité. Cette vérité que l’on peut toujours opposer aux pouvoirs et aussi aux extrémistes.”