Cinéma Objectif : rendre ses meilleurs films éligibles pour les Oscars.

Les polémiques concernant la présence (l’an dernier) et l’absence (cette année) de Netflix au Festival de Cannes vont prendre à nouveau de l’ampleur. Du moins en France, alors qu’elles pourraient s’éteindre aux USA.

Tant que ses films ne sont pas présentés en salle, ils sont exclus de compétition azuréenne. Mais aussi, et c’est beaucoup plus important aux yeux des dirigeants de la plateforme, de toute possibilité de concourir pour les Oscars. Or, les multiplexes refusent de projeter les œuvres de Netflix juste quelques jours et le géant des médias numériques s’oppose à une concurrence cinématographique pour ses productions. On était donc dans l’impasse. Mais une solution se dessinerait.

Selon le Los Angeles Times, un des médias les plus fiables au monde dans ce domaine, Netflix a très sérieusement envisagé d’acheter purement et simplement la plus grande chaîne américaine de cinémas dédiés aux films indépendants ou étrangers, Landmark Theater. L’opération, jugée finalement trop coûteuse, a échoué. Mais le projet, vis-à-vis d’une autre chaîne de salles, serait toujours bel et bien sur la table.

Officiellement, aucune réaction. Netflix ne discute pas de ses éventuels projets. Mais il est certain que des nominations aux Oscars augmenteraient le prestige de la plateforme et la rendrait encore un peu plus attractive pour les cinéphiles.

Si l’achat d’une chaîne américaine réglerait le problème pour concourir aux Oscars (les films en lice pourraient être présentés sur Netflix 3 mois après leur sortie), rien ne serait réglé pour Cannes. Le Festival exige une sortie dans les salles françaises, ce qui contraindrait Netflix France à ne proposer cette fiction que trois ans plus tard. Inadmissible. Fort de ses 128 millions d’abonnés et d’un poids boursier de 146 milliards $, Netflix sait que le temps et le rapport de force jouent en sa faveur. La polémique n’est donc pas près de s’éteindre dans l’Hexagone.


Une série sur les origines du football

Rien qu’en 2018, Netflix va investir huit milliards de dollars pour produire 700 programmes originaux, dont 80 longs-métrages qui auraient pu se retrouver en salle (voir ci-dessus).

Mais le cœur de la plateforme reste les séries. Ce sont elles qui attirent le plus de monde. À condition de constituer un événement, bien évidemment. Dans cette optique, la société dont le siège est situé à Los Gatos, en Californie, vient de frapper un grand coup. En signant un contrat avec Julian Fellowes. En six épisodes, le créateur de Downtown Abbey va relater les origines du sport le plus populaire au monde, le football. The English Game décrira "l’invention du football moderne et comment sa création a surmonté les divisions de classes sociales", explique Netflix. Le casting n’est pas encore connu, mais l’impact ne fait aucun doute.