Cinéma Puggy a composé sa toute première bande originale de film pour Bigfoot Junior.

Bigfoot ne se contente pas de son look belge et de déguster des biscuits de chez nous. Il écoute aussi à longueur de film de la musique noir-jaune-rouge. Celle de Puggy, qui a composé, pour la première fois, des morceaux uniquement en son honneur. "On a composé six nouveaux morceaux entiers, mais il y a 1 h 20 de musique qui soutient le film", explique le bassiste du groupe, Romain Descampe. "On ne s’attendait pas à faire autant de musique. C’est quasiment trois fois plus qu’un album normal ! La B.O. sortira le 2 août en disque et sur les réseaux sociaux, en même temps que Bigfoot Junior ."

C’est très différent de composer pour un film ?

"C’est rafraîchissant. On doit se mettre au service de l’image plutôt que de nos propres sentiments, et c’est particulièrement agréable après avoir écrit quatre disques. Et puis, c’était une formidable opportunité qu’on ne pouvait refuser. Il faut toujours chercher l’inspiration, mais on n’est pas seul, il faut tenir compte des contraintes du dessin animé : cela doit être léger et frais mais pas cucul, tenir compte des émotions que le réalisateur veut faire passer ou des thèmes qu’il désire pour les personnages, c’est un chouette travail d’équipe. Mais on savait aussi qu’il voulait Puggy, avec de la pop, des morceaux qu’on peut aimer aussi sans avoir vu le film, donc on disposait d’une très grande liberté. Ben Stassen nous a tout le temps soutenus et poussés à aller plus loin."

Vous avez d’ailleurs glissé des violons sur Where You Belong

"C’était notre rêve de jouer avec un orchestre symphonique, des cordes. Le problème, c’est qu’on a rarement la place de mettre un orchestre symphonique sur la scène de nos concerts… Du coup, on avait toujours remis ce projet à plus tard. C’est pour ça qu’on en a profité pour le film. On a mis des violons partout ! Créer un thème, le faire jouer par des violons et écouter ça à fond en studio, c’était un rêve de gamin. Génial. C’est se lever tous les matins et regarder un dessin animé. Je ne croyais pas que c’était possible comme boulot."

La chanson du générique, Simple Feelings , sonne un peu comme de l’Electric Light Orchestra…

"C’est cool ! C’est assumé. On voulait que cela sonne années 80, tout en étant moderne. C’est Ziggy qui le chante, et ce sera sans doute le premier single. Et en concert, cela donnera une pause à Matt pour le chant (rire) ."

Cela a réclamé combien de temps ?

"De la composition à l’enregistrement, cinq mois en ne faisant que ça tous les jours."

Qu’est-ce qui était le plus compliqué ?

"S’adapter aux longueurs précises. Entre les premières ébauches faites à la main et les scènes finales, il y avait des changements. C’est pour ça qu’on n’a enregistré les violons qu’une fois que c’était définitif. Et on a utilisé des programmes qui permettaient de changer le rythme en fonction des variations de longueur des séquences."

Ben Stassen se fait plaisir avec des clins d’œil à Star Wars ou aux superhéros. Vous avez fait la même chose avec des grands compositeurs de musique de films ?

"Certains thèmes sont des hommages à Hans Zimmer. On ne peut pas ne pas l’avoir en tête quand on a grandi avec Le Roi lion . Sa discographie est impressionnante. Et ce qu’il a fait pour Interstellar est magistral. Depuis qu’on a fait ça, j’écoute tout le temps des musiques de film. C’est un boulot de chien, c’est dingue, et parfois le génie de ces gars-là n’est pas reconnu. Ce sont les derniers classiques."

Vous allez renouveler l’expérience ?

"On ne demande que ça. C’est un des plus beaux métiers du monde."