Cinéma Reese Witherspoon et Jennifer Lawrence elles aussi victimes de harcèlement sexuel.

On ne peut pas encore affirmer, actuellement, que l’affaire Weinstein va révolutionner définitivement les mentalités, mais une chose est sûre : elle a libéré la parole. Tous les jours, de nombreuses personnalités racontent le harcèlement sexuel dont elles ont été victimes et le traumatisme de ne pas avoir pu s’exprimer plus tôt sur ce sujet.

Et parfois, il s’agit de superstars, qu’on imagine intouchables. Comme Reese Witherspoon. Oscarisée en 2006 pour Walk the Line, elle a exprimé hier le sentiment de culpabilité qui l’habite " de ne pas avoir parlé plus tôt" , mais aussi son ressentiment : "Je suis vraiment écœurée par le réalisateur qui m’a agressée quand j’avais 16 ans et je suis en colère contre les agents et les producteurs qui m’ont fait sentir que le silence était une condition de mon embauche. J’aurais aimé pouvoir vous dire que c’était un incident isolé dans ma carrière, mais malheureusement ce n’était pas le cas. J’ai eu de multiples expériences d’agressions sexuelles et je n’en parle pas souvent."

America Ferrera, la star d’Ugly Betty, a ajouté un témoignage glaçant : "La première fois que j’ai été sexuellement agressée, j’avais 9 ans. Je ne l’ai dit à personne, et j’ai vécu avec la honte et la culpabilité, en pensant tout le temps que moi, enfant de 9 ans, étais en quelque sorte responsable des actes d’un homme adulte."

La romancière Colombe Schneck a déclaré avoir vu, à 13 ans, "un type se masturber dans le train" , l’animatrice Virginie de Clausade a été embrassée de force par un quinquagénaire le jour de ses 18 ans, et Kaya Jones, des Pussycat Dolls, a marqué les imaginations par ses déclarations : "Je n’étais pas dans un girls band. J’étais dans un réseau de prostitution. Pour faire partie du groupe, il fallait jouer le jeu. C’est-à-dire coucher avec qui ils vous disaient de coucher."

Jennifer Lawrence, l’actrice la plus en vogue d’Hollywood, a elle aussi subi des humiliations en début de carrière, en étant obligée de poser nue. "J’étais prise au piège, et je peux le voir maintenant, je ne voulais pas dénoncer, je ne voulais pas que ces histoires embarrassantes soient racontées dans un magazine, je voulais juste une carrière."

Parmi la multitude de témoignages déprimants, on s’en voudrait de ne pas signaler celui d’Heather Ross, une grande amie de Carrie Fisher. Harcelée par un producteur hollywoodien, elle se confie à sa copine qui envoie aussitôt un cadeau au goujat : "C’était une langue de vache avec un mot qui disait : ‘Si tu touches encore ma chérie, Heather, ou n’importe quelle autre femme, la prochaine livraison sera quelque chose venant de toi dans une boîte bien plus petite !’ "

P.L.