Cinéma La star d’Ally McBeal était en Belgique ce jeudi, honoré par le Festival international du film de Bruxelles.

"J’ai appris le français avec mes parents et un peu à l’école", confie le charmant Gil Bellows, alias Billy Thomas dans la série Ally McBeal, dont le père est originaire de Belgique et la mère de France. "Mais comme je cherche encore souvent mes mots, mes cousins me disent que je parle français comme une vache espagnole (rire) !"

Du haut de ses 50 ans, le sympathique acteur canadien - Tommy dans Les Évadés, aux côtés de Tim Robbins et Morgan Freeman, c’est aussi lui ! - est venu dans notre capitale pour y recevoir un hommage pour ses 30 ans de carrière. "Je ne passe que 24 heures mais c’est toujours un grand plaisir de venir ici", raconte celui qui est né à Vancouver et vit à Los Angeles. "Ma grand-mère avait habité du côté du quartier des ambassades. Mon père est né à Liège et a donc vécu toute sa jeunesse ici, à Bruxelles. Enfant, je suis venu quelques fois visiter la Belgique et Paris parce que ma mère, qui bossait dans une compagnie aérienne, avait souvent des billets gratuits pour voyager. Elle habitait Barbès. Et comme je tourne en ce moment la deuxième saison de Patriot à Paris, je ne sais pas si c’est sentimental ou pas mais j’ai pris un appartement là-bas durant le tournage (sourire)".

Un hommage pour votre carrière, une première pour Gil Bellows ?

"Oui, en effet. Ça fait un peu bizarre mais je suis ravi d’être là. Comme c’est le break de Thanksgiving pour nous, ma fille a pu être du voyage. C’est chouette de pouvoir partager cet honneur avec ma famille. Car, en 30 ans de carrière, j’ai eu des moments incroyables mais aussi des moments plus durs."

Ce n’était pas facile de sortir de l’étiquette d’avocat dans Ally McBeal ?

"Oui et non. Car c’est rare d’avoir un rôle comme celui-là, qui touche autant de monde. C’est une vraie chance d’avoir cette opportunité une fois dans sa vie. Tout comme mon rôle dans Les Évadés . C’est arrivé au bon endroit et au bon moment, tout simplement."

Quel a ensuite été votre objectif de carrière ?

"Je suis un raconteur d’histoire, c’est donc ce que j’ai toujours fait. Je vais d’ailleurs bientôt réaliser mon premier film l’année prochaine, un western dans le style des frères Coen ou Tarantino. Mais ce sont les femmes qui seront mises en avant et qui cassent tout ( sourire) ! J’aime les nouveaux défis. Que ce soit comédien, réalisateur ou producteur, on peut faire ce métier jusqu’à la fin de notre vie. C’est passionnant !"

Que manque-t-il à Gil Bellows pour devenir un acteur bankable ?

"Un peu comme Robert Forster dans Jackie Brown : un grand rôle dans un film qui sera distribué partout dans le monde. Pour démontrer toute ma palette d’acteur. En fait, je suis un peu comme le 14e joueur du PSG. Il fait partie des plus grands mais il reste sur le banc de touche (sourire) . Vous ne me verrez par contre jamais dans un style de Danse avec les stars car je ne désespère pas au point de faire une émission juste pour attirer l’attention et avoir plus de notoriété. Je privilégie les projets plus intelligents. Ce n’est pas un but d’être bankable mais si cela arrive, c’est vraiment bien. Cela permet de créer des projets que tu ne pourrais pas faire si tu ne l’es pas. Raconter des histoires que personne n’oserait produire ou mettre en avant des acteurs prometteurs."

C’est une des raisons pour lesquelles vous êtes de passage en Belgique ?

"Exact. Si je suis là, c’est pour essayer d’avoir des opportunités en France et en Belgique. Je pense qu’il y a beaucoup de choses à faire ici même si je ne parle pas parfaitement le français. J’ai par exemple rencontré Michael R. Roskam (le réalisateur flamand de Tête de Bœuf et Le Fidèle avec Matthias Schoenaerts, NdlR) il y a un mois. Je connais ses films et on reste en contact."

Vos enfants suivent-ils la même route que vous ?

"Mon fils, lui, joue au basket. À 16 ans, il est déjà plus grand que moi ! Mais ma fille aime écrire, oui, je pense qu’elle va devenir productrice. Le cinéma n’est pas un métier facile mais quel métier l’est aujourd’hui ? Il n’y a plus les mêmes opportunités que quand j’étais jeune. Il faut simplement prendre la vie à deux mains et s’engager dans quelque chose qui nous passionne. Mon grand-père me l’a toujours dit et j’ai suivi son conseil : Fais ce que tu aimes et trouve juste une façon de pouvoir en vivre ."

En savoir plus

-> Palmarès complet du Festival international du film de Bruxelles (FIFB) qui s’est tenu du 18 au 23 novembre.

-> Infos sur www.fifb.be.

© E. PP

En route vers un film Ally McBeal ?

"Après la série à succès, j’ai essayé d’être le gardien de mon travail, confie Gil Bellows qui a connu des hauts mais aussi pas mal de bas suite à son rôle mythique de Billy Thomas dans Ally McBeal entre 1997 et 2002. J’ai eu des opportunités mais je n’ai pas forcément toujours fait les bons choix. Pas que je ne suis pas fier de mes rôles mais ils n’avaient pas la même puissance que celui-là."

Celui qui revoit souvent ses anciens camarades du célèbre cabinet d’avocats huppé de Boston pour leurs anniversaires respectifs (Calista Flockhart, Courtney Thorne-Smith, etc.) n’a jamais pensé en faire un film. Alors que beaucoup d’autres séries américaines à succès (Sex and the City, notamment) le font. "On est comme un rock band, qui a beaucoup de succès, mais qui ne fait pas la tournée des retrouvailles, sourit-il. Enfin, je ne sais pas pourquoi mais je pense quand même que ça va arriver un jour !"