Cinéma Le 3 décembre 1976, Stallone changeait la face de son adversaire, Apollo Creed, mais aussi de toute une génération.

Les escaliers du Philadelphia Museum of Art, désormais appelés Rocky Steps, ne désemplissent pas depuis le 20 novembre, date anniversaire de la première mondiale de Rocky voici 40 ans. Et la foule devrait encore plus hurler "Adrian" (prononcez "Adrienne" en français, de préférence avec une voix caverneuse) le 3 décembre, qui marque la sortie officielle.

Ce jour-là de 1976, Rocky change la face d’Apollo Creed, mais aussi du cinéma et de toute une génération qui tient enfin son film culte. Pour la première fois, la victoire compte moins que le parcours du héros, que tout ce qu’il a fait pour redevenir quelqu’un. C’est une toute nouvelle vision des États-Unis qui s’impose, celle de l’effort, de l’entraînement acharné, de la volonté de gravir tous les échelons même quand cela paraît perdu d’avance.

Une philosophie que Sylvester Stallone incarne à l’époque. Personne ne veut financer son projet, pourtant à petit budget. Parce que celui qu’on surnomme à l’époque l’étalon italien est intransigeant sur ses exigences : le rôle principal est pour lui et personne d’autre. Un choix payant : 225 millions de $ au box-office et 10 nominations aux Oscars (avec trois statuettes à la clé, dont celle de meilleur film) sont là pour le prouver.

Aujourd’hui, tous les films de sport sont plus axés sur l’entraînement que sur la compétition. Mais aussi les aspects psychologiques qui font d’un loser un champion. Et l’Américain moyen se retrouve dans ce boxeur à l’œil de tigre et à la hargne légendaire. Pas un roublard, pas un intellectuel, mais un homme du peuple qui se bat avec ses armes et sa volonté. L’image même de l’Amérique profonde qui a porté Trump au pouvoir. Une fois de plus, la génération Rocky a gagné.