Cinéma Dans son autobiographie, Rose McGowan dénonce les actes d’Harvey Weinstein et qualifie Hollywood de "secte toxique".

Rose McGowan, 44 ans, 1,63 m, assez peu de films marquants dans sa filmographie (Scream, Le Dahlia noir, Boulevard de la mort ou Planète terreur), aucune récompense prestigieuse à son actif, une comédienne comme il y en a des centaines dans les grands studios apparemment. Et pourtant, aujourd’hui, tout le monde la craint ou la vénère à Hollywood. Parce qu’elle fut la première à oser dévoiler les agissements d’Harvey Weinstein, qu’elle accuse de viol en 1997.

Grâce à elle, des dizaines d’autres victimes se sont senties moins seules et ont trouvé le courage de dénoncer à leur tour les prédateurs de l’industrie du cinéma. Un mouvement qui a progressivement touché la planète entière.

Aujourd’hui, Rose McGowan sort une autobiographie au vitriol, intitulée Debout. Dans laquelle elle raconte tout. À commencer par son enfance dans une secte en Italie, Les enfants de Dieu, "un environnement très sexualisé, dirigé par et pour des hommes". Puis son adolescence, passée à mendier ("j’avais faim") et à tenter de sortir de l’enfer de la drogue. Avant d’être repérée par Hollywood. Qui ressemble au paradis à ses yeux dans un premier temps. Avant de déchanter. "Au cours de ma vie, j’ai fui une secte toxique pour mieux tomber dans une autre, la plus puissante de toutes : Hollywood", écrit-elle.

Ses mots sont durs, tranchants : "Ce petit détour par Hollywood m’a fait prendre un coupe-gorge. Je suis tombée sur un nid de vipères. Sauf que mes vipères étaient des hommes blancs et riches, et le coupe-gorge, les studios de cinéma."

Commence alors la description de sa rencontre avec celui qu’elle appelle Le Monstre, en 1997, au festival de Sundance : " À présent, nous connaissons tous le nom du Monstre, mais j’ai fait le choix de ne pas l’utiliser. Je n’aime pas le nom du Monstre. Je refuse qu’il figure dans mon livre."

Au début, l’entrevue ne porte que sur le travail. Puis le producteur l’attire de force dans le jacuzzi et la viole. "Je titube hors de l’hôtel, toujours en état de choc, écrit-elle. On m’emmène tout de suite après à une séance photo où m’attend l’acteur avec qui je partage l’affiche de Phantoms . Je tremble, mes yeux sont remplis de larmes; quand je confie à mon partenaire [Ben Affleck, NdlR] d’où je sors, il me dit : ‘Bordel de merde. Je lui ai dit d’arrêter ça.’"

Aujourd’hui, Rose McGowan est devenue la figure de proue de la lutte contre la violence faite aux femmes. Et dénonce non seulement le comportement d’Harvey Weinstein, mais de tous ceux qui l’ont soutenu ou imité à Hollywood.

"Je suis sûre qu’il préférerait que je sois morte, a-t-elle déclaré au Sunday People. C’est un sociopathe. Je n’ai pas peur, alors que je devrais. Ceux que je trouve pires que lui, ce sont ses avocats. La manière dont ils agissent est répugnante. Les personnes de son entourage, qui l’ont soutenu dans sa tentative de dominer et d’abuser des femmes, sont tout autant des monstres que lui."

Un récit glaçant.

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---> Rose McGowan, Debout, Harper Collins.