Cinéma La situation des femmes, malgré les discours, reste catastrophique dans les grands studios.

Comparé au chemin qu’il reste à parcourir pour arriver à la parité dans les grands studios américains, la Longue Marche de Mao Tsé Toung ressemblerait presque à une aimable promenade de quelques dizaines de mètres tout au plus. Car derrière les discours pour plus d’égalité et de respect, très fortement liés au harcèlement sexuel ces derniers temps, se cache une réalité en constante stagnation pour les femmes américaines. L’étude annuelle réalisée par l’Annenberg School for Communication and Journalism est sans appel : l’amélioration n’est pas du tout à l’ordre du jour.

Sur les 1.100 longs métrages produits par Hollywood au cours des onze dernières années, seuls 52 ont été signés par des réalisatrices. Ce qui représente 4 % de la production ! Et même si 2017 se situe au-dessus de cette moyenne avec 7,3 % des œuvres mises en scène par des cinéastes féminines, ce résultat reste inférieur à celui de 2015 (7,5 %) ou de 2008 (8 %). Vraiment pas de quoi pavoiser, donc.

Pire, l’enquête révèle que 83,7 % des femmes qui ont mis en boîte leur première fiction n’auront jamais une deuxième chance de s’installer encore un jour derrière la caméra, alors que ce phénomène ne touche que 55,3 % de leurs collègues masculins.

Et comme on voit tout en grand de l’autre côté de l’Atlantique, le chapitre des discriminations ne s’arrête pas là. Alors que huit hommes ont reçu la possibilité de tourner un film à une vingtaine d’années à peine, aucune femme n’a bénéficié de la même opportunité. De l’autre côté de la pyramide des âges, c’est exactement la même chose. Trente réalisateurs ont pu filmer leur vision des choses entre 70 et 90 ans, alors qu’aucune réalisatrice n’a été autorisée à donner ses instructions sur un plateau dans cette tranche d’âge-là.

La différence se marque avant tout dans les films d’actions : 60 réalisateurs pour une réalisatrice… Quota qui diminue pour les comédies (15 pour une) et les drames (10 pour une), les deux genres dans lesquels la gent féminine est la mieux représentée.

Tout aussi scandaleux : dans les films indépendants à petits budgets, les femmes occupent 27,5 des postes de réalisations, mais cela chute dramatiquement à un tout petit 4 % pour les blockbusters sur lesquels Hollywood mise le plus gros.

Discriminations en tous genres

Et ce n’est pas fini : sur les 43 metteuses en scènes engagées au cours des onze dernières années, 36 sont blanches, 4 noires, 2 asiatiques et une seule hispanique.

Inutile d’en rajouter : il n’y a pas qu’en matière de harcèlement sexuel qu’Hollywood doit réaliser d’immenses progrès. Et rapidement.