Cinéma Rencontre avec le cinéaste afro-américain le plus engagé de la bannière étoilée.

Il y a quelques mois, le cinéaste afro-américain le plus engagé de la bannière étoilée décrochait son premier prix cannois avec BlacKkKlansman. Tiré d’une histoire vraie, cette production retrace l’enquête dans les années 70 de Ron Stallworth, jeune policier noir de Colorado Springs, interprété par John David Washington, le fils de Denzel Washington, le Malcom X de Spike en 1992. Absent de la Croisette depuis 27 ans ( Jungle Fever ), le roi de la provoc’ signe un pamphlet en 24 images seconde dans lequel il dénonce à la fois le racisme, l’extrême droite et le président américain Donald Trump. Le tout avec un humour vraiment… noir ! Rencontre…

Nous nous rencontrons aujourd’hui à Cannes. Du coup, cela nous pousse à vous poser cette question. Vous qui êtes un vétéran de la Croisette, quel effet cela vous fait de vous retrouver sur les marches ?

"Ces marches, je les adore. Surtout avec le tapis rouge dessus. Un rouge sang qui me rappelle les Chicago Bulls ! En tant que cinéaste, vous espérez toujours décrocher la Palme ! Mais rien n’est acquis vous savez ! Il faut être bon, proposer des films qui marquent les esprits, qui vous interpellent. Dans ma carrière, j’ai réalisé des films avec amour, passion et conviction. Je suis très fier de tous mes films car je m’y suis investi à fond. Pour autant, vous ne pouvez pas anticiper la réaction des gens. Certains ont reçu un accueil de folie alors que je ne m’y attendais pas. Parfois cela a été l’inverse. Il n’y a aucune garantie quand vous êtes cinéaste. C’est que je répète constamment à mes étudiants de NYU. Faire un film, c’est la chose la plus difficile qui soit. Et ça, vous le comprenez qu’une fois que vous êtes derrière la caméra. Dites-vous bien que même si vous pensez avoir toutes les meilleures cartes en main, celui qui détient les as au final, c’est le public !"

Votre film, BlacKkKlansman nous raconte, comment à la fin des années 1970, alors que les émeutes raciales aux États-Unis battent leur plein, un jeune Africain Américain nommé Ron Stallworth, va réussir à infiltrer le Ku Klux Klan en se faisant passer pour un blanc. On a dû mal y croire…

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