The expendables 2, une soupe de grands-pères

Patrick Laurent Publié le - Mis à jour le

Vidéo
Cinéma

Le dernier film de Stallone est une kitscherie à ne regarder qu’au 36e degré

LOS ANGELES Mercredi, c'est le jour des sorties. The expendables 2 et son casting de gros bras est à l'affiche.

Mais méfiez-vous de ces gros costauds... sauf si vous aimez le bouillon musclor proposé par Stallone.

RÉSUMÉ Après une mission suicide au pays de Mao dont seuls les Chinois ne reviendront pas, Stallone, Schwarzenegger, Jet Li, Dolph Lundgren, Jason Statham vont affronter, à la demande du manipulateur Bruce Willis, un Jean-Claude Van Damme cruel désireux de s’emparer d’importantes réserves de plutonium qui pourraient faire d’immenses dégâts… si elles tombaient entre de mauvaises mains (comprenez des pays de l’Est) évidemment.


NOTRE AVIS C’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes. On veut bien l’admettre. Mais pas avec des navets défraîchis, des carottes boursouflées ou des poireaux ridés et mous. Or, c’est exactement ça, le bouillon musclor proposé par Sylvester Stallone (même s’il ne porte pas la toque de chef, il en est l’instigateur et le scénariste). Une mixture poussiéreuse, parodiant jusqu’à l’excès les recettes des aïeux Schwarzie, Sly et autres Chuck Norris.

Pour un peu, on se croirait revenu au temps de John Wayne : chaque balle tirée par les ancêtres flingueurs tue un nombre incalculable d’ennemis qui, eux, ne parviennent jamais à les toucher en dépit d’un arsenal à faire pâlir d’envie Bachar el-Assad. Avec, touche eighties oblige, l’indispensable feinte humoristique vaguement articulée dans les moments cruciaux par les dentiers tremblotants collés aux sourires figés. On a ainsi droit à l’indémodable “I’m back” par Arnold Schwarzenegger, la réplique de ses potes en pleine fusillade (“Tu es déjà suffisamment revenu, laisse-nous agir”) ou la question qui tue, alors que tous les gros bras des années 80 s’entassent à l’écran les uns après les autres (“C’est au tour de qui maintenant, Rambo ?”).

Si vous vous sentez d’humeur à rire au 36e degré des kitscheries des papys cogneurs qui distribuaient plus généreusement les tatanes voici 30 ans qu’un employeur les augmentations aujourd’hui en période de crise, si l’inexpressivité élevée au rang d’art vous arrache des fous rires, si les champions olympiques des jeux pour momies botoxées font ressortir une lueur nostalgique dans vos yeux, alors il n’y a aucune raison de ne pas s’offrir ce gros hamburger rétro, composé de tellement de couches de testostérone gélifiée qu’il en devient impressionnant.

Si, par contre, vous associez un tant soit peu cinéma et art, acteurs et crédibilité, scénario et subtilité, divertissement avec tentatives d’éviter les clichés rances, voire action avec spectacle qui ne fait pas systématiquement des Américains les sauveurs du monde, alors il n’y a vraiment aucune raison de se goinfrer de cette ratatouille indigeste. Ce n’est pas parce qu’elles étaient confectionnées par les grands-pères que les recettes étaient bonnes.




© La Dernière Heure 2012

Publicité clickBoxBanner