Cinéma Pendant 8 mois, pour Un gars, une fille, elle a touché trois fois moins d’argent que Jean Dujardin

Avec de très nombreuses personnalités du cinéma, Alexandra Lamy réclame des quotas dans les aides publiques pour garantir la parité hommes-femmes dans la réalisation des films français. "La parité est une évidence : à niveau égal et talent égal, une femme doit gagner la même chose qu’un homme. Et s’il faut malheureusement passer par des quotas pour garantir la parité dans les productions, et bien il faut le faire. Comme en Suède, où les œuvres signées par des réalisatrices ont fort augmenté. En France, on compte 61 % de réalisatrices mais on ne donne de l’argent que pour 14 % des projets réalisé par des femmes. C’est anormal."

Sa voix est devenue plus ferme. Son rythme de parole s’est accéléré. Le sujet la touche manifestement beaucoup. "Vous savez, je ne sais jamais que répondre quand on me demande si je suis féministe. J’adore les hommes et ils m’ont plus souvent soutenue que les femmes, notamment en ce qui concerne les salaires. Pour Un gars, une fille, je ne touchais que le tiers du salaire de Jean (Dujardin), alors la série était produite par trois femmes et qu’on avait une directrice des programmes. Que des femmes ! Au bout de huit ou neuf mois, j’en parle à Jean. Il était d’autant plus scandalisé que c’était souvent moi qui réécrivais les textes ou les adaptais. Je faisais plus de boulot que lui et je touchais nettement moins. Jean s’est rendu dans le bureau des productrices et a exigé que je gagne la même chose que lui, sinon il quittait le programme. Les hommes étaient plus scandalisés que les femmes par cette situation. C’est pour ça que j’ai du mal à me dire féministe. Je suis citoyenne du monde. Mais sans geste fort, la cause des femmes n’avancerait pas. Donc, il faut imposer ces quotas."