Un Stand by me wallon ****

P. L. Publié le - Mis à jour le

Cinéma

Les géants . Deux trophées cannois pour le film de Bouli Lanners

BRUXELLES Abandonnés par leur maman dans leur maison de campagne du fin fond des Ardennes, deux frères tuent le temps en chapardant des provisions chez leur méfiant voisin ou en faisant les 400 coups avec un ado que son frère bat. Histoire de se faire un peu de blé, le trio loue la propriété à un dealer de drogue. Et se retrouve donc à la rue. Le choix est donc vite fait : il leur faut partir à l’aventure dans les bois.

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NOTRE AVIS. Après le fabuleux Eldorado , porté en triomphe à Cannes, Bouli Lanners revient en force sur les écrans. De nouveau après avoir décroché les deux principaux prix de la prestigieuse Quinzaine des réalisateurs. Mais c’est sans doute le seul point commun entre les deux longs métrages. Les géants se veut plus personnel, presque intime, qu’Eldorado . Ce wood movie ardennais trahit avant tout la fascination qu’exercent les bois et forêts sur Bouli Lanners. Mais aussi sa vision de l’adolescence, faite d’esprit de découverte, de grands pas dans l’inconnu, de coupures avec ces adultes si peu fiables. C’est joli, sensible, intelligent, filmé près des visages pour bien en saisir les moindres expressions. Du grand art, assurément.

En dépit de ses qualités, évidentes, ce Stand by me wallon laisse un tout petit peu sur sa faim. En raison d’une conclusion en queue de poisson, de séquences un peu répétitives, de développements parfois prévisibles (les aventures extraconjugales du frère violent, par exemple) ou, surtout, d’un manque d’humour.

Là où Eldorado tirait son charme de situations cocasses ou surréalistes, hilarantes et émouvantes en même temps, Les géants reste tout le temps dans une seule tonalité, dramatique. C’est cohérent mais légèrement moins séduisant. Eldorado avait placé la barre tellement haut qu’on attendait forcément le même enthousiasme à la vision des Géants . Le fait qu’un film aussi réussi ne réponde pas tout à fait à l’attente prouve à quel point Bouli Lanners est devenu un grand réalisateur, dont on attend rien de moins que de petits bijoux.



© La Dernière Heure 2011
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