Cinéma Le best-seller Eragon, adapté au cinéma, est en plein tournage

ENVOYÉE SPÉCIALE EN HONGRIE SOPHIE LAGESSE

BUDAPEST Quoi de plus irréel que le tournage d'une superproduction américaine? C'est à plus de 100 kilomètres de Budapest que toute l'équipe d' Eragon s'était donné rendez-vous, le 30 septembre dernier. Tirée du best-seller de Christopher Paolini, l'histoire relate la quête d'un jeune homme qui, après avoir adopté un dragon, se rend compte qu'il a le pouvoir de sauver ou de détruire tout un empire. Le jeune Ed Speelers signe dans ce rôle d' Eragon sa première participation cinématographique. Son partenaire n'est autre que Jérémy Irons qui incarne Brom, le sage qui lui prodigue des conseils.

Pour cette épopée médiévale, il fallait un décor où aucune trace de la vie contemporaine ne soit visible. Et c'est réussi! Après avoir quitté l'autoroute et emprunté des chemins de campagne, dans un endroit que l'on peut facilement qualifier de milieu de nulle part, s'activaient, comme dans une véritable fourmilière, plus de cent personnes.Dans le bourbier entourant un lac marécageux, une cinquantaine de camions renfermant des trésors et du matériel ont pris leurs quartiers. A côté de cela, en se promenant dans les méandres du tournage, le décor du film. Des huttes en paille, des chevaux, des maisons sur pilotis et, pour faire plus vrai encore, d'énormes tuyaux qui crachent à longueur de temps un énorme brouillard.Et certaines des idées reçues que se fait le commun des mortels sur le cinéma hollywoodien sont bien réelles. Quoi de plus surprenant que de retrouver au milieu d'un enclos pour buffles la célébrissime chaise du producteur. En toile, pliable et avec son nom brodé par-dessus, elle suit l'homme de la situation lors de chaque changement de prise de vues. Un jeune homme, on espère pour lui que ce n'est pas sa seule fonction lors du tournage, le suit dans le moindre de ses déplacements avec l'objet du désir afin qu'il puisse y poser son humble postérieur.

Enfin, le cri sauvage qui renferme tout l'espoir d'une bonne prise, «Aaaaaaaaccccttttiiiiiiiiioon», rythme lui aussi la vie des techniciens. Dès cet appel, le silence est de rigueur. Et même si vous souffrez d'une bronchite aiguë, il est strictement interdit de tousser. Le moindre bruit peut effectivement gâcher une scène.

Malheureusement, il n'y a pas que le bruit qui fasse qu'on recommence une scène. Lors du tournage de celle où Brom se bat sur un pont, plus de 26 prises ont été nécessaires. Certains ont beau rêver du métier d'acteur, il faut une sacrée patience pour répéter inlassablement les mêmes mots et les mêmes gestes. Surtout lorsqu'il est 2 heures du matin, la scène devant être tournée de nuit, qu'un vent glacial souffle sur le plateau, que l'humidité due à l'environnement pique à travers vos vêtements, que la température ne dépasse pas les quatre degrés et que votre costume de scène ne se constitue que d'un short! Y a-t-il encore des amateurs? N'exagérons pas, ils ne souffrent pas non plus le martyre. Pour remédier au froid, de gentils assistants courent entre chaque prise apporter une couverture et une soupe chaude aux acteurs.

De plus, autour des scènes de tournage, se retrouvent de véritables caravanes de marché où l'on peut à loisir se servir de boissons chaudes et d'encas. Mais si vous décidez de vous asseoir, surtout ne soyez pas surpris si un homme aux apparences inhumaines vient se mettre à côté de vous. Ce n'est pas le froid qui vous fait perdre la tête, c'est juste un figurant dont le maquillage est tellement bien fait que vous avez l'impression d'avoir atterri en plein milieu de Star Wars.

© La Dernière Heure 2005