Cinéma Dans l’épouvantable Un couteau dans le cœur, elle ne convainc pas du tout.

Cette année tout particulièrement, le Festival de Cannes avait besoin de stars. Et Vanessa Paradis fait partie des plus grandes de l’Hexagone. Mais fallait-il pour autant sélectionner en compétition officielle Un couteau dans le cœur, le navet intersidéral de Yann Gonzalez dans lequel elle incarne une productrice de films pornos gays des années 70. Tout sonne affreusement faux dans cette œuvre prétendument subversive qui ne fait que brasser du vide sans la moindre réflexion sur la consommation du sexe, la vie ou le thriller.

Ce point de vue, évidemment, Vanessa Paradis ne le partage pas. Tout à tour, elle évoque un "rôle de rêve quand on est comédienne", "un cadeau tout de suite accepté", "un rôle intense et varié", "un script si bien écrit" et "un réalisateur avec lequel elle avait tant envie de travailler". Le sempiternel discours de promo.

Dont elle ne se départit que très rarement, sans doute impressionnée par sa première conférence de presse cannoise devant une salle pourtant quasiment déserte. "C’est la première fois que je viens à Cannes en compétition. Cela me remplit de joie. Il y a deux ans, j’étais dans le jury et ça m’avait donné envie de défendre à Cannes un film dont je suis fière. C’est tellement émouvant, spécial, je suis si heureuse."

Seule légère entorse à son discours ultrapositif, elle ne s’imaginait pas taillée pour incarner cette femme de pouvoir alcoolique et violente. "J’ai été étonnée qu’on me propose ce rôle", dit-elle d’une petite voix. Avant de tout de suite corriger : "Un rôle violent ? J’adore. Ce film est tellement créatif." Elle finit quand même par émettre un petit regret : "Cela faisait un moment qu’on ne me proposait plus rien au cinéma. En musique, c’est presque quand je veux. Pour le cinéma, j’attends qu’on m’appelle. Cela ne dépend donc pas que de moi. Plus j’en fais, plus j’aime. Je me sens plus libre, moins à me juger. J’aime m’abandonner dans les bras d’un metteur en scène. Mais ça dépend des propositions."

Vu sa performance dans Un couteau dans le cœur, pas sûr que cela donnera envie à énormément de cinéastes de faire appel à ses services. Mais il est vrai qu’elle n’est vraiment pas servie par un scénario d’un vide abyssal et des personnages caricaturaux à la limite du grotesque.

Vanessa Paradis est sans conteste la dernière grande star du Festival de Cannes 2018, mais on va s’empresser de l’oublier. Vivement son prochain film.