Cinéma Ce mercredi 10 janvier sort Laissez bronzer les cadavres, le premier film belge d’une belle série attendue ces prochains mois.

Dans l’ombre de Star Wars : les derniers Jedi, Laissez bronzer les cadavres risque de sortir dans le plus total anonymat ce mercredi 10 janvier. Et c’est bien regrettable. Cet ovni, qui n’ambitionne même pas de faire le millième des entrées des aventures des familles Skywalker et Solo, fait partie de ces curiosités qu’on imagine difficilement produites ailleurs qu’en Belgique. Et cela, même si les deux réalisateurs, Hélène Cattet et Bruno Forzani, sont tous deux nés en France avant de s’installer chez nous voici 20 ans.

Cette adaptation du roman éponyme de Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid tient du film de gangsters pour le fond et du western spaghetti pour la forme. Avec énormément d’hommages aux grands classiques de Sergio Leone, aussi bien pour les jeux de couleurs, les gros plans très lents ou le bruitage des duels… en pleine nuit. Et à la mitraillette !

Histoires de famille

Ce mélange des genres parfois un peu long, mais visuellement très original, ouvre en beauté le bal des longs métrages belges attendus en 2018. Et dont la toute première réalisation des frères Jérémie et Yannick Renier, Carnivores, devrait constituer le tout premier point d’orgue dès le 4 avril 2018. Ce thriller psychologique, emmené par Leïla Bekhti et Zita Hanrot, possède quelques étranges similitudes avec l’histoire des deux frangins cinéastes. Sa vie, Mona ne l’a jamais imaginée que devant les caméras, au service des metteurs en scène les plus brillants. Mais par un étrange coup du sort, c’est sa petite sœur, Sam, qui est devenue une star. Pire : à 30 ans, Mona se trouve tellement démunie qu’elle n’a d’autre solution que de squatter la maison de Sam et de devenir son assistante. Un rôle qui va prendre de l’ampleur, au fur et à mesure qu’elle se rend compte que Sam vit mal sa notoriété et une existence finalement éloignée de ses véritables aspirations.

L’événement belge

L’autre événement national sera constitué par la sortie de Continuer, le tout nouveau film de Joachim Lafosse. Dans lequel Virginie Efira tient le rôle principal. Cette adaptation du roman de Laurent Mauvignier décrit la chevauchée d’une femme autrefois considérée comme brillante qui a tout vendu pour se retrouver seule au Kirghizistan avec son fils déscolarisé et encore plus paumé qu’elle. Un voyage conçu comme une dernière chance pour éviter à son enfant l’échec de sa propre vie qu’elle n’a pas vu venir. Le tournage vient de s’achever mi-décembre au Maroc et promet de sérieusement secouer les âmes et les consciences, comme la plupart des films de Joachim Lafosse.

Autre long métrage noir-jaune-rouge qui devrait faire du bruit à partir du 14 mars : La part sauvage. Pour son premier passage derrière la caméra, Guérin Van de Vorst décrit la difficile réinsertion de Ben, converti à l’islam en prison, que sa femme et son fils ne veulent plus voir et qu’un "maître à penser" aimerait voir emprunter une voie plus radicale. Un sujet qui ne peut laisser indifférent, soutenu par l’excellent Vincent Rottiers.

Parmi les autres films belges, signalons Bitter flowers, attendu le 28 mars. Le premier long-métrage de notre compatriote Olivier Meys retrace le sacrifice d’une jeune Chinoise exilée en France pour garantir le meilleur avenir possible à son fils.

Autre première réalisation : Une part d’ombre, de Samuel Tilman, attendu en mars. Le réalisateur du docu-fiction Le dernier Gaulois, s’interroge sur un père de famille irréprochable, aimé de tous, que la police soupçonne de meurtre.

Enfin, en février, Jean Libon et Yves Hinan présenteront le portrait de la juge Anne Gruwez dans un documentaire dans le style Strip-Tease, Ni juge ni soumise.

Un joli programme, non ?