DH Radio Selfocracy, le premier album de Loïc Nottet, est un des disques les plus attendus de l’année.

Le voici enfin ce premier album signé Loïc Nottet. Les fans ont dû prendre patience depuis The Voice , l’ Eurovision et Danse avec les Stars , mais cette attente n’aura pas été veine. Avec Selfocracy , le prodige belge signe un disque qui a tout d’un grand. Il se dévore d’une traite, comme un bon film. Au menu, douze titres variés et extrêmement bien produits. Pour un premier album, c’est très réussi !

Dans quel état d’esprit avez-vous réalisé cet album ?

"Il m’a demandé beaucoup de réflexion et de travail. Beaucoup de peurs aussi parce que c’est mon premier album. Je l’ai composé en regardant des films dont je coupe le son. Je tire de l’énergie et de l’inspiration des images qui provoquent des voix dans ma tête et je les traduis en mélodies. Puis j’ai composé les chansons en mode piano-voix et fait les rythmiques, les synthés, les basses, les chœurs à la maison. Des producteurs professionnels ont ensuite mis le vernis mais j’étais à côté d’eux en studio pour dire ce que je voulais."

C’est une obsession de toujours vouloir tout contrôler ?

"Dès le départ, j’ai dit que je voulais faire ce disque tout seul. J’en assumerai les conséquences, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Je voulais quelque chose qui me corresponde vraiment et que je puisse défendre. Quelle crédibilité y a-t-il à défendre en télé ou en interview quelque chose qui ne me correspondrait pas ? Ça n’aurait pas de force. Je sais exactement ce que je veux et ce sera comme ça et pas autrement. C’est souvent non négociable mais je sais me remettre en question. Si je suis d’accord avec ce qu’on me dit, je suis. Si la petite voix dans ma tête me dit que non, je reste sur mon idée."

Vous abordez beaucoup de styles différents sur cet album. Comment avez-vous fait pour qu’il reste cohérent ?

"Je ne voulais pas que les gens aient l’impression d’entendre la même musique du début à la fin. Je souhaitais qu’à l’écoute de chaque titre, ils découvrent une nouvelle facette de moi. Mais il fallait que ça reste cohérent d’un bout à l’autre, c’est pour ça que j’ai tenu à tout composer moi-même."

Comment allez-vous faire pour transposer un album aussi bien produit sur scène ?

"Ce ne sera pas un showcase mais un vrai show. On a travaillé avec des graphistes pour habiller des écrans. On collabore aussi avec une chorégraphe. Il y aura des danseurs et des musiciens qui joueront la plupart des parties en live. Et visuellement, je travaille aussi avec une styliste avec qui j’ai dessiné les vêtements des danseuses et des danseurs. J’ai aussi fait les arrangements musicaux et composé des extra pour les concerts. J’aime bien m’investir dans tout."

Chanter et danser en même temps, n’est-ce pas compliqué ?

"C’est pour ça qu’il faut s’attendre à des surprises à certains moments lors des concerts. Dans la mesure du possible, je veux éviter d’utiliser un micro-bouche comme Madonna. Je préfère le tenir à la main."

Votre album sort ce vendredi. Pensez-vous déjà au suivant ?

"J’ai déjà commencé à réfléchir au suivant et à une éventuelle réédition de Selfocracy . J’aimerais aussi écrire un livre et jouer la comédie, à condition d’avoir un vrai rôle qui demande de la préparation et du travail."

Et la comédie musicale ?

"Bizarrement, je n’aime pas la comédie musicale. J’ai été voir La Belle et la Bête et j’en suis sorti très déçu. C’est très beau visuellement mais une partie de l’histoire et du message est gâchée. La Bête qui chante, je ne trouve pas ça très crédible parce que ça enlève le côté féroce et l’essence même du personnage."


Un public conquis d’avance

C’est extraordinaire : Loïc Nottet parvient à remplir des salles sans avoir sorti le moindre disque ! En quelques minutes, ses deux dates à l’Ancienne Belgique, les 22 et 23 avril, ont affiché complet. Idem pour son premier Forest National programmé le 25 novembre. Et il y a fort à parier que les places pour le 26, qui sont mises en vente ce vendredi, partiront aussi comme des petits pains.

Cette folie autour de ses concerts, c’est peut-être la seule source de stress qui pèse sur la star belge. "Je suis de nature pessimiste. Je ne peux pas totalement me réjouir de la sortie de l’album ce vendredi parce qu’une voix dans ma tête me dit que si les gens le détestent, ils vont revendre les places qu’ils ont achetées. La pression, c’est de savoir qu’en Belgique des gens ont acheté leurs billets sans même savoir ce que j’allais leur proposer musicalement. Je pense que c’est inédit comme situation chez nous. Le stress, c’est de ne pas répondre à leur attente."

Une nottetmania qui touche aussi la France. Son concert du 3 mai au Trianon affiche complet. En revanche, il reste des places pour la date du 26 mai, à la Salle Pleyel.


Objectif: l’Amérique

À l’écoute de Selfocracy , ça ne fait pas l’ombre d’un doute, Loïc Nottet n’entend pas se cantonner à la conquête des pays francophones. Il n’y a d’ailleurs pas un titre en français sur son disque. Tant dans sa conception que dans les sons qu’il propose, l’objectif semble clair et s’appelle l’Amérique. "Pour moi, la plus belle reconnaissance serait celle des Américains parce que ce sont mes mentors , dit-il. En musique, je n’écoute qu’eux, rien de francophone. Mais j’ai bien conscience que c’est un marché où il n’y a pas beaucoup de place, beaucoup d’appelés mais peu d’élus. Aux États-Unis, c’est d’abord les Américains et les autres ensuite. On va commencer par essayer de faire ce qu’il faut en Belgique, en France et dans d’autres pays européens. Après, on ira frapper à la porte des États-Unis."

En guise d’éclaireurs , Loïc Nottet peut compter sur Stromae, avec qui il partage le même manager, et Christine and the Queens. Le Bruxellois s’est offert un concert sold-out au Madison Square Garden, le temple de la musique à New York, la Française, la Une du prestigieux magazine Time. Comme eux, Loïc Nottet chante, danse et propose un concept visuellement fort. Des atouts indispensables pour s’imposer au pays de l’Oncle Sam.

Il n’entend cependant pas brûler les étapes. "Je suis content de plaire d’abord dans mon pays. Mais c’est vrai qu’avoir l’occasion de s’exporter, c’est une autre fierté. Les Belges peuvent se sentir obligés de m’aimer parce que je suis Belge, mais rien n’oblige les Français de le faire. S’ils apprécient, c’est qu’ils aiment vraiment bien et ça, c’est chouette."

Car pour réussir aux États-Unis, il faut beaucoup travailler confie en coulisses le manager du chanteur. Tout cela n’empêche pas Loïc Nottet de confier ses rêves : "Le festival Coachella ! J’aime aussi beaucoup Lorde et son timbre de voix, Imagine Dragons, Lana Del Rey, Sia, Florence + the Machine et Freddie Mercury. Ces influences me nourrissent au quotidien. Si un jour je pouvais bosser avec l’un d’eux, ce serait incroyable."