Divers Bien déjantés, les Belges d’Akropercu s’exportent vers la Suisse et la Chine.

Un concerto pour brosses à dents, des rythmes des Village People faits aux casiers de bières, du swing avec un vélo (et sa pompe) et un jazz antidopage, soyez les bienvenus dans l’univers d’Akropercu et ses détournements d’instruments classiques - grosse caisse, xylophone - mais aussi et surtout d’ustensiles du quotidien. Mis en scène par le responsable des délirants Poubelles Boys (Kamel Benac), les frappés d’Akropercu remettent la percussion au goût du jour et suscitent des vocations. "On motive les jeunes à se brosser les dents (rires) !"

"On a été contacté plein de fois par La France a un incroyable talent mais on ne veut pas participer à ce genre d’émissions, confesse le quatuor composé des jeunes Montois Max, Antoine, Julien et Adélaïde. On pense que ça peut faire plus de tort que de bien si ça ne plaît pas aux quatre jurés. Surtout qu’il est difficile de pitcher Akropercu en deux minutes. Dans ce spectacle, il y a un fil rouge qui fait qu’il y a une tension qui va crescendo. Les gens risquent de ne pas comprendre. Mais on ne dit pas non à d’autres émissions comme Le plus grand cabaret du monde par exemple. On n’a juste pas de volonté de juger, on est plus dans le partage."

Et pour cause, après plus de 250 représentations en deux ans, Akropercu est en négociation pour jouer en Suisse et en Chine. "Du fait qu’on est belges et jeunes, on a une naïveté fragile qui touche les gens, soulignent ces acrobates de la percussion - ils se sont déjà bloqués les cervicales ! - qui ont déjà performé à deux reprises au Festival d’Avignon. On attend donc que ça parte à l’étranger. Si on peut participer au paradigme de transition de la société avec Akropercu, c’est gagné. La percussion étant un langage universel. On parle en faisant du rythme. Un dialogue musical s’installe car on invente notre propre langue en mélangeant des mots d’anglais et d’espagnol. Comme ce sketch du toubib qui est crooner à ses heures perdues et qui, au lieu de soigner ses patients dans la salle d’attente, met en boucle les sons de bips cardiaques. Petit à petit, cela crée des cellules rythmiques et on commence à groover dessus."

Résultat ? C’est drôle, improbable et surréaliste. Leur déclic ? "Le côté classique du conservatoire nous a submergés et immergés, jusqu’à en avoir marre", concluent ces musiciens classiques et professeurs de conservatoire dans la vie. "On voulait aller à l’encontre de ce côté sérieux, carré et où on ne rigole pas. Ne pas se moquer mais rire et jouer du côté guindé des codes du classique."


Akropercu, ces 26 et 27 mai à Saint-Hubert et le 16 juin à Bruxelles. Infos: www.akropercu.be.