Divers Avec son opuscule Ailleurs, l’illusionniste belge se révèle autant magicien dans la vie que dans les mots.

" J’ai fait mûrir l’idée en trois jours et écrit cela en deux semaines, explique Carlos Vaquera qui avait déjà publié deux ouvrages sur le bien-être mental (Inspirations et sa suite Expirations) et vient de sortir l’opuscule Ailleurs. Dans l’illusionnisme et le mentalisme, il y a cette idée de double réalité. Ce qu’un spectateur perçoit et ce que les autres ne perçoivent pas. J’aime l’idée de plusieurs interprétations." Pour cet amateur de poésie et des beaux mots, son Ailleurs est un message sur la vie et la condition humaine. "Même si j’en parle de manière plus développée dans mes deux autres opus, ce n’est pas parce que j’en parle que je l’applique au quotidien, admet celui qui donne aussi des conférences de communication non verbale. Mais ce que j’écris est vraiment ce que je pense et ce que je sens. Je ne suis pas un moine bouddhiste pour autant. Je suis même convaincu qu’un moine bouddhiste n’est pas capable de vivre la pleine conscience 24 h/24. Mon trésor intérieur est de faire le bien autour de moi via mes livres, mes seuls en scène magiques ou mon art martial. Mon prochain livre s’appellera d’ailleurs L’illusion martiale , une combinaison des deux arts comme pensée parallèle. J’aime faire réfléchir les gens sur leur propre existence."

Une marionnette télévisuelle

"J’appelle cela des heureux accidents, souligne Carlos Vaquera au sujet de ses années télé sur RTL-TVI (Belgium’s Got Talent) ou à la RTBF. Car j’ai adoré La Bande à Carlos ou Carlos et les autres. Pour la gloire, j’ai aimé le concept mais pas la structure. J’adore l’impro et écrire mes propres textes mais là, on me les imposait. Je n’aime pas être une marionnette." Ni carriériste, ni à la recherche de popularité, Carlos Vaquera suivait simplement son chemin. "La télé n’a jamais été un but sinon j’y serais encore. J’ai tendance à dire ce que je pense et, à la télé, je n’ai pas toujours pu être moi-même non plus. Je jouais le rôle du présentateur bien habillé et maquillé mais ce n’était pas moi à 100 %. L’image transmise était déformée, à tel point qu’on m’a déjà traité de con (sourire) !"

Depuis, le magicien multi primé à travers le monde garde toutefois plus d’un tour dans sa poche. "J’avais fait un pilote à la RTBF qui s’appelait Chacun son tour, raconte celui qui a aussi été parrain d’une sorte de Star Academy pour magiciens en Italie. Et je trouve que ça n’a pas vieilli. Un 52 minutes sur l’illusion avec des comédiens, des invités et des saynètes déjantées. À l’époque, le producteur avait dit : ça ne ressemble pas à la RTBF." Ou encore l’idée d’un Pour la gloire, 25 ans après. "J’ai envie de reprendre les gens qui ont continué leur chemin comme Philippe d’Avilla, par exemple. Un concept Pour la gloire mais allant du passé au présent. Comment ont-ils tous évolué dans la chanson ?"

Avant de conclure sur l’interrogation de son existence. "J’ai fait 9 ans de télé, avec plus de 500 émissions et puis plus rien. 12 passages au Plus grand cabaret de Patrick Sébastien et puis plus rien. Qu’ai-je fait de mal ? Que s’est-il passé ? J’avoue que tout ça reste le seul mystère de ma vie."

"J’ai fait cascadeur dans un film de Dany Boon"

"Je n’ai pas eu l’occasion de faire du cinéma même si j’avais passé le casting du Huitième jour de Jaco Van Dormael pour jouer Luis Mariano, se souvient celui qui a eu son premier vrai rôle de comédien dans la pièce de théâtre L’Anagramme des sens (2014). Mais, à l’époque, on m’avait dit que je ressemblais plus à Elvis Presley qu’au chanteur de Mexico (sourire)! Et pourtant, j’aime les défis."

Les arts martiaux sont d’ailleurs devenus une philosophie de vie depuis plus de 40 ans pour Carlos Vaquera. "Je m’entraîne 6 fois par semaine et je viens d’ouvrir une école à Lasnes, explique l’homme de 55 ans. C’est ma première passion avant l’illusion. Cet opuscule est même un hommage à mon frère d’armes Fred Mastro et toute la famille MDS (Mastro Defence System) qui est un système de défense personnelle. Savoir se sortir, en peu de temps, d’une situation physique conflictuelle."

De quoi lui rappeler qu’il a déjà participé à un long-métrage. "J’ai joué dans Raid dingue, le dernier film de Dany Boon, mais en tant que cascadeur. Justement, via mes arts martiaux pour une scène d’attaque. Je n’en ferai pas mon métier mais ce sont des opportunités de vie. Je crois au moment juste et aux rencontres. Si cela s’est fait, c’est que ça devait se faire."