Divers Entre stand-up et comédie avec Lucky, Claudia Tagbo se dit "chanceuse" de retrouver son public.

"Qu’est-ce que j’aime les Belges ! se réjouit d’emblée la pétillante Claudia Tagbo. Vous êtes un public formidable, toujours souriant et poli. Puis vous êtes surtout plus ouvert et généreux. Quand on vient sur scène en Belgique, on a l’impression que vous avez déjà bossé le spectacle. C’est une vraie rencontre, sans jugement. Il y a une vraie création vestimentaire aussi, voilà quelque chose que je ne verrais jamais à Paris tiens ! (éclats de rires)"

Véritable boule d’énergie, l’humoriste franco-ivorienne se lance - après Crazy - dans son deuxième one woman show intitulé Lucky. "J’ai essayé Mummy, mais je me suis dit qu’il n’y aurait pas assez de ruban pour m’emballer, plaisante cette femme de 44 ans. J’aime bien les mots courts comme Happy. Le i grec me plaît bien car c’est ouvert." Tout comme cette comédienne multiculturelle qui débute son show par un poème, sur le métissage, du Français Léopold Sédar Senghor. "À un moment donné, on est dans une société où l’on essaye de nous cloisonner, explique celle qui vient de terminer le tournage du Temps des égarés où elle interprète une ancienne réfugiée. On a tous été touché en Europe par l’immigration en masse. Et, du coup, tout le monde s’est fermé. L’index a beaucoup travaillé pour montrer l’autre du doigt. Alors que c’est aussi une richesse. C’est ce mélange qui nous grandit. On se doit de rester toujours en ouverture. Je ne donne pas de leçon, mais c’est un hymne à l’amour, à la terre et à la femme. La terre promise est là, peu importe où je vais."

De par son éducation d’universalité qui évite le repli sur soi, Claudia Tagbo s’inspire de la vie. "Peu importe où vous allez, il y a une espèce d’uniformité dans la société aujourd’hui, déplore cet as du doublage (SOS Fantômes, Les Experts, Super Nana, etc.). J’ai fait Incroyable talent en Côte d’Ivoire et, à part qu’il fait 30 degrés quand tu sors, j’ai l’impression d’être à Paris. Du coup, on oublie l’essentiel comme se toucher ou se dire bonjour. Moi, j’ai envie de fraîcheur. C’est peut-être un peu naïf, mais j’ai envie que ce soit funny, funny et funny !" Ayant démarré sa carrière sur le tard, elle sait de quoi elle parle. "Il ne faut pas s’oublier, souligne celle qui est produite par Arthur (Vendredi tout est permis, La Dream Company, etc.) et qui vient de tourner dans le prochain film de Dany Boon. Et ce n’est pas en fumant des joints toute la journée qu’on devient une star. Il faut bosser ! Les gens croient que c’est facile… La télé est juste un moyen accessible à tous. On entre dans le salon des gens donc ils ont envie de nous connaître plus en venant nous voir sur scène. C’est juste une carte de visite. Après, il ne faut pas qu’ils soient déçus. Et c’est du boulot !"

Et ce n’est pas celle qui a dû faire face à un cancer du sein qui va baisser les bras aussi facilement. " Ce ne fut pas le plus joli moment de ma vie, conclut-elle, les larmes aux yeux. Je n’en parle pas dans ce spectacle, car je me suis dit qu’il faut avancer ! La chirurgie esthétique ? Bien sûr qu’on y pense… Je n’ai trouvé aucun chirurgien qui voulait me faire ça à moins de sortir aveugle, mais je rêve tous les jours d’avoir les yeux verts (rire) !" Le rire, le meilleur moyen de s’en sortir.

Lucky de Claudia Tagbo, le 21/11 à Mons, le 22/11 à Bruxelles et le 24/11 à Huy. Infos et réserv. : www.odlive.be ou via le 070/660.601.