Divers Juste Pour Rire fête ses trente-cinq ans cette année. Bienvenue dans les coulisses du plus grand festival d’humour au monde.

"L’humour ne voyage pas beaucoup, c’est une mode et on rit de trop de choses : toutes ces notions s’entrechoquaient aux prémices du festival", confie Gilbert Rozon, président et fondateur du Juste Pour Rire, à propos des idées reçues qu’a subies son entreprise née en 1982. "L’humour ne s’enseigne pas et est-ce vraiment utile ? On a tout entendu. La notion de l’humour, c’est péché. Au Moyen Âge, c’était limite interdit car l’humour désacralisait la religion. Pendant mille ans, il y a donc eu une chape de plomb sur l’humour. Ce n’est que récemment qu’il est devenu public. Ça n’a même pas cent ans… Mais cette notion de mal et de péché persiste." D’où le logo caricatural du festival, alias la mascotte verte Victor, avec des cornes de diable rouge.

Juste pour rire ou l’industrie des sous (et des) rires

"Montréal, ville la plus drôle du monde !", peut-on lire partout dans les rues de la plaque tournante du rire qui fête par ailleurs aussi ses 375 ans. Avec près de 2 millions de spectateurs sur trois week-ends, le festival bilingue - Just For Laughs pour son volet anglophone - jouit d’une renommée internationale et s’exporte même un peu partout dans le monde. En Australie, France, Tunisie, Afrique du Sud et même… en Belgique (le festival Kermezzoo). Marché mondial du rire - toute l’industrie de la comédie se rassemble -, la société JPR affiche un budget de 50 millions de dollars canadiens par an - soit environ 35 millions d’euros - pour un festival qui brasse plus de 1.000 bénévoles et 400 employés dont 150 permanents.

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