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Des députés des quatre groupes politiques du parlement wallon (PS, MR, cdH et Ecolo) ont demandé mardi au gouvernement wallon d'extraire les Éditions de l'Avenir de Nethys afin de préserver ce groupe d'une fusion avec Rossel, et en particulier avec Sudpresse, ce qui menacerait le pluralisme de la presse francophone, le maintien de plusieurs titres et d'emplois dans les deux groupes. Les députés Pierre-Yves Dermagne (PS), Olivier Maroy (MR), Dimitri Fourny (cdH) et Stéphane Hazée (Ecolo) relayaient ainsi, en commission du parlement wallon, les craintes du personnel du groupe L'Avenir, alors que courent des rumeurs d'adossement à Sudpresse avec rationalisations potentielles à la clé.

Pour éviter un tel scénario, les députés envisagent une sortie des Éditions de l'Avenir de Nethys par la revente de parts (via la majorité provinciale dans Publifin) ou en passant par un portage temporaire via les outils économiques wallons (SRIW ou Sogepa).

Le ministre de l'Economie Pierre-Yves Jeholet a dit partager les inquiétudes des députés. "L'absence de réponse du comité de direction (de Nethys) est une forme de pression inacceptable pour les travailleurs", a lancé l'ancien journaliste. Il ne ferme pas la porte à la piste d'un portage, mais avance avec prudence.

C'est qu'il convient aussi de prendre en considération l'avenir du groupe Nethys, de ses emplois et de ses activités autres que la presse. L'architecture du groupe est à l'étude actuellement et le décret wallon sur la gouvernance est en voie de finalisation, de même que la sortie de Resa (l'opérateur des réseaux de distribution) de Nethys, a énuméré le ministre.

"Un adossement des Editions de l'Avenir au groupe Rossel serait une mauvaise chose, il renforcerait le monopole et constituerait un pas vers la fin du pluralisme de la presse. Mais je ne suis pas propriétaire de Nethys, et les actionnaires vont s'exprimer", a-t-il dit, alors que les conseils d'administration et assemblées générales de Publifin et Nethys sont programmées le 21 décembre prochain.

"Il n'est pas naturel pour des pouvoirs publics d'être actionnaires d'un groupe de presse, même si ici, vous parlez d'une opération transitoire", a relevé le ministre.

Sans fermer la porte à cette option, Pierre-Yves Jeholet évoque la nécessité d'envisager une évolution du modèle des aides à la presse, compétence du ministre des Médias Jean-Luc Marcourt (PS) au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il voit peut-être la Région wallonne intervenir sur le volet digitalisation des médias.

M. Jeholet (MR) a répété ses regrets que le gouvernement wallon n'ait pas envoyé un administrateur au CA de Nethys il y a quelques années, lorsqu'il en a eu la possibilité. "C'était une fuite de responsabilités", selon lui.

Concédant qu'il ne convenait pas d'agir dans la précipitation, les députés ont toutefois insisté sur l'urgence. Leur démarche commune fera l'objet d'une proposition de résolution. Le député Fourny a rappelé que si le groupe Nethys ne donnait pas rapidement des signaux "très clairs", le gouvernement pourrait toujours envoyer un commissaire spécial, considérant que l'intérêt régional était menacé.