Divers C’est vrai que c’est naïf, mais que c’est beau ! Et quel spectacle !

Molière, dans ses pièces, avait souvent recours à des circonstances quasi miraculeuses pour, tout à la fin, trouver une filiation dans la noblesse à la pauvre soubrette qui, du coup, pouvait épouser le marquis de son cœur.

À ce jeu-là, Théophile Gautier le surpasse dans les grandes longueurs. Dans son Capitaine Fracasse, les morts ne sont pas tout à fait morts, les très méchants finissent gentils, le seigneur désargenté enterre son chat et trouve un trésor… Mais si on accepte la naïveté et l’angélisme du sujet, ce Capitaine Fracasse, programme d’été de Villers-la-Ville, est le spectacle parfait.

Le sujet est charmant. Un noble seigneur, vivant pauvre et solitaire, dans son château en ruine, décide de suivre des savoureux comédiens ambulants, aux tenues excentriques. "Laissons là ma baronnie, je me sens déjà des vôtres !" Le seigneur de Sigognac se choisit son nom de scène : ce sera Capitaine Fracasse. Ils font route dans une vieille charrette qui leur sert aussi de scène. Il y a donc une scène sur scène et de la comédie dans la pièce. Cette charrette apparaît, dans le cadre de l’abbaye de Villers, comme une boîte à miracles, avec ses rideaux rouges et des portes qui s’ouvrent.

Le baron tombe amoureux d’une comédienne. Un spectateur, noble duc, lui manque de respect. Ce sera le duel. À Villers, Fracasse le joue en reprenant une part de la tirade de Cyrano de Bergerac. "J’ai des fourmis dans mon épée."

Cela dit, le texte de Gautier se suffit à lui-même. Il est beau : "Une femme qui a un amant peut en avoir deux; une femme qui a un amour est impossible à vaincre". Il est drôle. On rit cent fois.

Les duels principaux sont impressionnants. Quel travail cela a dû demander. Les comédiens sont magnifiques jusque dans les plus petits rôles.


Le Capitaine Fracasse, d’après Théophile Gautier, à l’abbaye de Villers-la-Ville, jusqu’au 5 août. Info-tickets : www.fracasse.be - 070/224.304