Divers Le patron des radios du service public ne briguera pas de poste dans le nouvel organigramme qui se met en place.

Surprise mardi. Dans un entretien accordé à L’Echo, Francis Goffin, le directeur général des radios de la RTBF depuis 2003, a annoncé qu’il ne brigue pas un poste dans le nouvel organigramme qui se met en place à la RTBF et que d’aucuns présentent comme un "big bang" pour le service public. Dans un communiqué interne adressé aux équipes du service public, l’intéressé s’explique : "À la veille de la transformation de la RTBF, j’ai eu l’envie de pouvoir développer mon expertise autrement et de vivre à l’avenir une nouvelle expérience professionnelle, en passant pour la première fois d’une fonction exécutive à celle de conseil. C’est ainsi qu’après une longue réflexion, j’ai décidé de ne pas postuler de fonction du nouvel organigramme de la RTBF qui sera mis en place dans les prochains mois."

Choix personnel ou voie de garage dorée ? La question se pose. Car selon les informations recueillies par La DH, Francis Goffin comptait bien assurer un des deux seuls postes de direction générale qui resteront au terme de la mutation de la RTBF. Finis les patrons des radios, de la télévision et du web. Désormais, il y aura un directeur général pour un silo chargé de produire des contenus et un autre pour celui amené à gérer les médias, autrement dit la diffusion.

S’il semble acquis que le premier sera dévolu à François Tron, l’actuel boss de la télévision, son homologue de la radio était préssenti pour celui des médias. Mais il n’aurait pas été le seul candidat. Il est également beaucoup question de Fabrice Massin pour ce poste.

Bientôt la quarantaine, celui-ci est arrivé boulevard Reyers voici une dizaine d’années après avoir travaillé chez Skynet et IBM, avec pour mission de combler le retard accusé par la RTBF en matière de nouveaux médias. "Il a transformé la maison au niveau des réseaux sociaux, nous confie-t-on. Au début, tout le monde se moquait de lui mais il faut reconnaître qu’il a apporté beaucoup de choses. Il a développé toute la partie web et réseaux sociaux de la RTBF, les portails, etc. Il a été hyper avant-gardiste."

Si la logique rtbéenne est d’afficher un renouvellement et de rajeunir les cadres, on comprend que ce dernier puisse bénéficier des faveurs de Jean-Paul Philippot au détriment de Francis Goffin qui incarne la vieille garde, celle des premières radios libres et de la création de Bel RTL.

Le choix de Fabrice Massin, "c’est un signal aux équipes et vers l’extérieur", nous explique-t-on sous couvert d’anonymat. "C’est la fin d’un cycle à la RTBF", souligne un autre interlocuteur. Sans compter cette affaire de propos sexistes au printemps qui a manifestement laissé des traces dans le chef du patron des radios. "Il ne s’en remettait pas, nous dit-on. D’autant de Philippot ne l’a jamais clairement défendu sur ce sujet…"

Dans ces conditions, que faire de celui qui a réussi la transformation des radios du service public ? Difficile de l’écarter du revers de la main. "L’administrateur-délégué n’a pas voulu s’en séparer parce qu’il lui apporte vraiment quelque chose. Francis est le meilleur bras droit qu’il ait jamais eu… même au niveau de la télé… Philippot sera loyal et il le dédommagera d’une manière ou d’une autre." Faut-il voir autre chose dans le poste de consultant auprès de l’administrateur-délégué qui lui est donné et qu’il occupera à partir du mois d’avril prochain ?