Divers Olivier De Coster, créateur de nouvelles fragrances, raconte son parcours

BRUXELLES Mer du Nord, un nouveau parfum made in Belgium est né ce samedi. Derrière ce produit, la célèbre marque de vêtements belges, mais aussi et surtout un homme, ou plutôt le nez d'un homme, celui d'Olivier de Coster.

Avec un père passionné de fleurs et de fruits, il a vite été plongé dans le monde des essences. Grâce à une maison de vacances située en Provence, il a, dès l'âge de 14 ans, travaillé comme étudiant dans une distillerie de lavande.

Ensuite, il s'est lancé dans des études de médecine. Après l'obtention de son diplôme, mais malgré ce sésame, les parfums demeuraient sa vraie passion et il ne tarda pas à ouvrir son propre laboratoire de création de parfums.À l'appellation de nez ou de parfumeur, il préfère celle d'éditeur en parfum. Olivier compare son métier à celui d'un compositeur de piano ou d'un peintre. « Je m'installe devant mon ordinateur et là, en me souvenant des différentes odeurs, j'imagine des associations d'essences».

Des exercices quotidiens

Ce métier, artistique plus que scientifique, est peu répandu. Une seule école existe, basée à Versailles (France), et pour y rentrer il faut détenir un diplôme de candidature en chimie. «La parfumerie fonctionne encore comme les anciens métiers, le savoir-faire se transmet de génération en génération. C'est une forme de compagnonnage», raconte-t-il.

Contrairement à la croyance populaire, il ne faut pas avoir un don pour créer des parfums. Il faut savoir exercer sa mémoire aux différentes odeurs afin de pouvoir, par après, les mélanger. «C'est une question d'entraînement, je respire 50 à 60 odeurs par jour afin de stimuler ma mémoire olfactive", nous confie Olivier.

Le temps de préparation d'un parfum peut varier de cinq minutes à un an. Comme pour toutes créations artistiques, c'est l'inspiration qui rentre en ligne de compte.

L'odeur des parfums actuels résulte toujours d'un subtil mélange d'éléments naturels et de molécules chimiques. «L'un ne va pas sans l'autre, un parfum 100% naturel aurait une odeur trop simpliste. Les gens pensent que l'on emploie des produits synthétiques à cause du coût des matières naturelles alors que celles-ci sont parfois moins chères que les mélanges chimiques», rajoute-t-il.

Les femmes ont évolué dans le choix de leurs parfums et adoptent de plus en plus des fragrances peu communes, histoire de se distinguer de leur voisine. Les parfumeurs ont dû, comme les musiciens, s'adapter à l'air du temps.

Une adaptation qui ne va pas sans créer un supplément de recherche pour ces créateurs qui doivent se montrer de plus en plus originaux pour dénicher les fragrances susceptibles de séduire un public de plus en plus gâté par une gamme de produits de plus en plus étoffée.

© La Dernière Heure 2005