Divers La Belge se lance en spectacle avec un autre Belge à la mise en scène: Philippe d’Avilla de Roméo et Juliette.

"De ma petite Belgique, je voyais qu’en France, il se passait beaucoup de choses, confie l’ancienne journaliste de Bel RTL, qui a grandi dans notre plat pays avant de tenter sa chance à Paris. Et moi, j’aime bien rêver mais très grand. À 18 ans, mon rêve était de vivre à Paris. J’ai commencé mes études de journalisme à l’ULB, puis j’ai monté une troupe avec Sam Touzani. On était devenu la compagnie officielle de la télé belge mais j’apprenais moins. J’ai toujours eu besoin de me challenger. Et j’avais l’impression que tout était possible à Paris."

Pari réussi pour Isabelle Layer qui officie aujourd’hui à la télévision française. "À France Télévisions, je m’occupais des spectacles et aujourd’hui, je repère des talents, explique celle qui leur envoyait déjà ses CV alors qu’elle n’avait pas encore 18 ans. J’ai l’impression d’être une sorte d’Amélie Poulain en aidant les artistes. Rendre les gens heureux me rend heureuse." Sa chronique coup de cœur de spectacle sur France Info depuis 1 an est donc un prolongement logique de sa passion. "C’est aussi pour ça que je fais ce métier car c’est tellement beau ces émotions que l’on vit lorsqu’un artiste vous embarque. C’est un honneur de les mettre en valeur. Mais tout est toujours lié au rêve. J’accompagne les autres sur ce qui est leur rêve." Celle qui pousse les artistes à croire en leur rêve sait donc de quoi elle parle dans son spectacle musical Mademoiselle, sorte de meneuse de revue et cabaret. "Ce show, c’est l’histoire de ma vie !"

Et ce n’est pas son metteur en scène, le Belge Philippe d’Avilla (alias Mercutio dans la comédie musicale de TF1 Roméo et Juliette , de la haine à l’amour) qui dira le contraire. Même s’il a réalisé le chemin inverse, Paris étant plutôt devenu son point de chute. "Roméo et Juliette est un peu l’exception sur mon parcours, raconte celui qui est plutôt actif dans l’univers théâtral. Je vais toujours là où mon cœur vibre mais ma grosse envie du moment est de créer des ponts entre la Belgique et la France, d’où ce projet de Mademoiselle." Être Belge restant un atout dans l’Hexagone. "On pense grand, on a une folie et plus de dérision. On pense en dehors des limites, confirme-t-il. Mais il est quasi impossible, en Belgique, de percer. Le marché est trop petit. C’est toutefois devenu notre force. Car on n’a pas le choix. La Belgique est une terre d’artistes, à la croisée des chemins, où les frontières sont ouvertes. C’est pourquoi on réussit à l’étranger. Car il est quasiment impossible de tenir une carrière entière chez nous. Comme on est dans un petit pays, si on veut qu’on nous entende, on est obligé d’être soit différent soit de parler plus fort. Et quand tu arrives à être différent en parlant plus fort, c’est la fête !"

Les artistes Belges -d’Alex Vizorek à Guillermo Guiz en passant par Michael Dufour, Renaud Rutten, PE ou encore nos deux compères de Mademoiselle- seront d’ailleurs à la fête ce 21 juillet dans les rues d’Avignon. Pour marquer notre fête nationale. Ces derniers se réunissant sous le drapeau noir, jaune et rouge lors d’une parade de l’amitié made in Belgium.

Mademoiselle, tous les jours (sauf les 22 et 25) à 22h30, au Pandora Théâtre, jusqu’au 29 juillet. Infos: mademoiselle-lespectacle.com.