Jeremstar débarque à Bruxelles: "J'ai failli être kidnappé" (VIDEO)

Interview > Pierre-Yves Paque Publié le - Mis à jour le

Divers Jerémy Gisclon, alias le blogueur Jeremstar, était en dédicace ce samedi à Bruxelles pour sa biographie choc sur la télé-réalité.

"Un enfant qui lit, c’est un candidat de télé-réalité qui disparaît", se réjouit le nouveau chroniqueur de Thierry Ardisson dans Salut les terriens ! qui vient de sortir sa biographie officielle et qui était ce samedi à la librairie Filigranes. "Je suis ravi que des milliers de gens me suivent ou me lisent. On me reproche souvent de cracher dans la soupe en dénonçant le milieu mais je ne suis pas là pour faire tomber la télé-réalité. On dit qu’elle est finie depuis des années mais en fait, non. Il y en a partout. Pour les jeunes, les télé-réalités sont même devenues leurs programmes favoris car il n’y a plus de boys band, de soaps ou de séries comme avant. Les gosses s’identifient donc à la télé-réalité. Je pense même qu’elle ne s’arrêtera jamais."

Vous avez aussi décidé de muter vers la télé, tout en restant le poil à gratter du milieu ?

"On m’attendait chez Hanouna mais ça aurait été ce que je fais habituellement : de la rigolade. Ardisson, c’est de la crédibilité, c’est plus sérieux. Il est pour moi le meilleur intervieweur de France. J’étais persuadé d’apprendre beaucoup. Je n’ai pas signé pour être le nouveau Steevy Boulay, je ne veux pas être le bouffon de l’émission. Plutôt le porte-parole d’une génération 2.0. Salut les terriens ! fait donc partie du virage que j’ai envie de prendre en allant vers des problématiques sociétales, politiques et plus sérieuses comme le harcèlement scolaire ou l’homosexualité. Tout en restant dans ce personnage un peu provoc’ car la manière dont Ardisson fait du journalisme - un grand ‘fuck’ à tout le monde - se rapproche un peu de moi. Petit à petit, je fais donc basculer mon public vers autre chose. Avant, j’étais obnubilé par mes interviews dans ma baignoire et rien d’autre. Aujourd’hui, j’ai une responsabilité envers les jeunes. Je peux de moins en moins faire n’importe quoi. Mon public grandit donc il faut muter en même temps qu’eux. Je n’ai pas non plus envie d’être un vendu ou de devenir lisse. Je continue donc ce personnage exubérant et qui n’a pas peur de dire ce qu’il pense."

N’avez-vous jamais pensé à faire disparaître votre personnage ?

"J’ai longtemps pensé à tuer le personnage de Jeremstar car il m’épuise… J’ai oublié de vivre à force de me consacrer à son évolution depuis dix ans. Plein de fois, j’ai voulu arrêter et faire des choses plus calmes sans forcément être sous le feu des projecteurs. Pour l’instant, je ne suis pas encore prêt car ça me plaît et je gagne de l’argent. Mais c’est sûr qu’à 80 balais, je ne serai plus dans la baignoire ! (rires) J’annonce seulement le virage, ça se fera progressivement. Mais la télé-réalité, j’en ai fait le tour !"

La suite logique serait donc de monter sur scène ou de faire du cinéma…

"Comme je mets en scène ma vie sur mon Snapchat au quotidien, j’ai déjà pensé à faire du one man show car j’ai encore plein de choses à raconter. Mais ce ne sera pas pour tout de suite. Le cinéma, pourquoi pas, mais je n’ai pas eu de propositions. En télé, j’aimerais avoir ma propre émission mais ce n’est pas ma priorité. Je me suis fait connaître sur Snapchat et c’est la télé des jeunes ! Tu peux être rapidement célèbre sur Internet."

Et y rencontrer l’âme sœur ?

"Exact, je suis en couple depuis trois mois grâce aux réseaux sociaux. C’est arrivé au même moment que la sortie du livre. En ayant couché sur papier toutes mes souffrances, mes doutes et inquiétudes, j’ai l’impression d’avoir révélé quelque chose en moi. Une bonne évasion, qui me permet de penser à autre chose. Cet homme est ce qui me manquait dans mon équilibre de vie."


"J’ai déjà reçu des culottes, des soutiens-gorge et des poules !"

Lors de ses séances de dédicaces, comme ce samedi chez Filigranes à Bruxelles où 3.000 personnes étaient attendues (mais seulement 400 jeunes ont bravé le froid et les examens), Jeremstar reçoit souvent des cadeaux très surprenants. "J’ai déjà reçu des culottes, des soutiens-gorge et des poules !, confie-t-il. Mais des animaux, je ne suis pas d’accord car ce ne sont pas des jouets. Mes fans viennent souvent déguisés. On rigole et je fais des snap avec eux. Chaque séance, j’essaye que ce soit un show. Des fois, ça danse ou ça chante. Le but est de se démarquer car ceux qui y arrivent, je les snap. C’est devenu un peu leur jeu à eux d’apparaître dans ma story." Et il n’y a jamais eu de débordements. "Très souvent, j’ai des filles qui pleurent. Mais je n’aurais jamais pensé un jour faire pleurer une fille ou les faire tomber dans les pommes… Le plus drôle, c’est quand mes Jeremstarlettes n’ont toujours pas compris que j’étais homosexuel. Car certaines me demandent même en mariage !" (sourire)


"Il y a parfois des réseaux dangereux dans la téléréalité"

Jérémy Gisclon, mieux connu sous le nom de Jeremstar, a fait le buzz en révélant la prostitution dans le milieu de la téléréalité. "Certaines candidates (des Belges ont été démarchées, comme Aurélie Dotremont, mais aucune n’a été impliquée, NdlR) touchent jusqu’à 30.000 euros pour accepter l’inacceptable comme se faire déféquer au visage. Elles gagnent plus que dans la téléréalité car si tu gagnes 3.000 euros après deux mois d’émission, t’es content !" Le genre de révélation qui lui attire pas mal d’ennuis. "J’ai failli être kidnappé par un candidat qui ne me supportait plus ! Son objectif était de me mettre dans un coffre puis de m’attacher à un arbre pour que j’arrête d’écrire mes articles. On s’est finalement bien entendu mais il aurait pu le faire car il y a parfois des réseaux dangereux dans la téléréalité. C’est le milieu de la nuit, du fric et de la prostitution. Il y a donc beaucoup de requins et de gens dangereux qui gravitent autour de ce milieu."

Interview > Pierre-Yves Paque