Divers Il avait consacré son oeuvre à la Belgique,à la Wallonie et à l'Europe

BRUXELLES Jo Gérard, 86 ans, historien belge et fier de l'être n'est plus. Il s'est éteint au terme d'une vie entière consacrée à l'étude et à l'histoire avec un grand et un petit H. C'était un conteur exceptionnel et son propos toujours alerte donnait une dimension souvent originale et toujours passionnante au sujet ou au personnage dont il parlait. C'était un journaliste de talent qui savait décortiquer les faits du passé comme les actuels et les faire revivre dans un style imagé souvent agrémenté d'humour. C'était un polémiste accrocheur qui avait des idées et les défendait avec dynamisme et persévérance. C'était un formidable pédagogue du petit écran où, grâce à l'étendue et la diversité de ses connaissances, il conduisait habilement jeunes et plus âgés dans l'intimité des rois, des princes et des princesses. C'était un vulgarisateur spirituel qui semblait s'amuser de l'histoire alors qu'en réalité, chercheur inlassable, il ne cessait de rechercher sources et témoins, d'éplucher les grimoires, de parcourir les bibliothèques ou de fouiller les rayons des brocanteurs de livres et d'illustrations.

C'était surtout un patriote qui aimait son pays, le défendait bec et ongles contre ceux qui voulaient le répudier, le ridiculiser ou même le détruire. À ces derniers il ne cessait de s'opposer avec hargne et défi. De la Belgique, il connaissait tout et plus encore. Il en parlait comme d'une vieille maîtresse qui, parfois, pouvait lui être infidèle, mais à laquelle il pardonnait toujours.

La Wallonie et son rayonnement étaient également un de ses dadas. S'il se battait sur tous les fronts pour faire comprendre aux Belges que leur unité était vraiment leur force, aux Wallons il répétait qu'ils devaient être dignes de leurs grands hommes du passé et se montrer capables de surmonter les crises et d'assumer de grands destins. Pour lui l'avenir des Wallons comme des Belges résidait dans leur volonté.

Il avait aussi pour l'Europe une passion raisonnable. Dès le début, il avait compris qu'une chance unique de paix et de prospérité se présentait au vieux continent dont il avait longtemps arpenté les querelles, les persécutions et les batailles. Les faits lui ont donné raison depuis que les 6 sont devenus 25.

Jo Gérard était enfin un homme joyeux, chaleureux et d'un enthousiasme communicatif. Il cultivait l'amitié, tant était grand son désir de mieux connaître tous ceux qu'il rencontrait dans ses enquêtes et ses reportages. Il mettait l'homme au centre de ses démarches et de ses combats. C'était là son honneur.

© La Dernière Heure 2006