Divers Le mec de la série Bref, Kyan Khojandi, se lance en stand up sur ses Pulsions.

"La Belgique, c’est le public qui m’a donné confiance, confie celui qui voulait au départ devenir avocat et qui a fait ses toutes les premières dates de Pulsions au Kings Of Comedy, à Bruxelles, sous les conseils avisés d’un certain Jamel Debbouze. Revenir jouer ici est donc toujours un plaisir. En plus, vos humoristes sont très doués. Quand tu n’as pas le beau temps, tu as donc les idées (sourire) !"

Ce public, néanmoins, vient pour voir le mec de Bref et pas forcément Kyan Khojandi, le mec de 35 ans…

"J’en suis conscient et c’est pour ça que j’ai travaillé dur. Bref était très maîtrisé donc il fallait que ce soit de très haute qualité. Je n’ai pas d’ego sur ma personne. Je ne vais pas ignorer Bref de ma vie, ce serait stupide. J’en parle sans problème dans mon spectacle, mais après on va vers autre chose. Les gens acceptent. Il ne faut pas oublier qu’on passe tous par la case enfant, chaque histoire est intéressante."

La vôtre l’est d’ailleurs. Après les séries Bref, Bloqués, Serge le Mytho ou le cinéma (bientôt à l’affiche d’Au revoir là-haut d’Albert Dupontel et en guest dans le prochain film de Noël d’Alain Chabat, Santa et Cie ), vous voilà sur scène, pourquoi ?

"C’est plus fort que moi. Mais je ne sais pas pourquoi je fais de la scène… car elle me fait peur. J’ai le trac puis après, je le fais et je suis content. Je pense que c’est parce que je ne ferais rien de mieux... Tout ça est hyper formateur pour moi. Je n’ai rien à faire alors autant faire ça (sourire) !"

La prochaine étape : le long-métrage ?

"On a tenté d’écrire des choses pour un film sur Bref mais on s’est dit qu’on n’allait pas le faire car il faut une bonne histoire. Et là, on ne l’a pas. De toute façon, si je fais un film, ce ne sera pas sur Bref mais ce sera un film à moi, un peu dans la même veine et toujours un peu autobiographique quelque part. C’est de l’autofiction. Comme Pulsions où on apprend à me connaître et à savoir qui je suis à travers des histoires vraies et authentiques. J’essaye d’avancer sans peur dans la vie car je suis un mec qui doute beaucoup. Je suis un être humain quoi."

Votre perte de poids serait d’ailleurs venue via une histoire avec votre père (avec qui Kyan vendait aussi des tapis persans, adolescent) ?

"J’ai eu un déclic avec la maladie de mon père, en effet. Il n’avait jamais fait de sport et le fait de le voir malade (il avait un cancer, NdlR), ça m’a fait un choc. Le sport, ce n’est pas que pour la santé, c’est aussi un mental. Tu tapes au fer comme un forgeron car tu forges ton mental grâce au sport, en faisant quelque chose que tu n’as pas envie de faire. En contraignant tout ça, ça te crées un mental. Quand j’ai vu mon père complètement dévasté par sa maladie, j’ai eu ce déclic. J’ai rencontré un mec qui était en chimio avec lui. Cet homme de 55 ans a changé ma vie. C’était son troisième cancer et tous les matins, il allait marcher, faire ses pompes et se préparer à voir sa future petite fille. Il avait un plan le mec, tu le sens. Peut importe la maladie, tous les matins, il se réveille et s’active. Mon père, malheureusement, était condamné. Mais moi, je me suis dit : je ne le suis pas. C’est comme si on jouait à un jeu vidéo. Lui a perdu mais moi je pouvais encore me battre. C’est comme si j’étais une machine à remonter le temps et que j’allais changer les choses. Cela fait donc 4 ans que je suis assidu au sport entre l’escalade, la salle de gym et le basket. Donc, non, ma perte de poids n’est pas due au crac (rires) !"

Pulsions de Kyan Khojandi, ce 20 octobre au Trocadéro de Liège et le 19 décembre au Centre Culturel de Woluwé Saint-Pierre à Bruxelles. Infos et réserv. : www.odlive.be ou via le 070/660.601.