Divers La collection de Peggy et David Rockefeller sera vendue aux enchères en mai. Record annoncé.

Un événement majeur pour le marché de l’art : c’est avec ces mots que François de Ricqlès, président de Christie’s France, a présenté la vente qui va se tenir en mai à New York. " Pendant toute sa vie, le couple, au goût très sûr, a réuni une collection de référence, à la fois impressionniste, moderne et classique ." Cette collection privée, la plus grande jamais mise aux enchères, a été rassemblée tout au long de leur vie par Peggy et David Rockefeller ou héritée des générations précédentes. " Elle reflète la passion profonde de la famille Rockefeller pour l’art ", ajoute encore M. de Ricqlès.

De Picasso à Monet , de Gauguin à Seurat, en tout, ce sont 1.600 œuvres d’art, meubles et bibelots composant la légendaire collection qui seront mises aux enchères. Une dispersion présentée par Christie’s comme la "vente du siècle". Et pour cause : avec quelque 600 millions de dollars d’estimation, la collection des héritiers de la dynastie de milliardaires américains pourrait battre le record mondial établi à Paris en 2009 par la vente des chefs-d'œuvre réunis par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé : la collection privée du couturier français et de son mentor avait été adjugée 484 millions de dollars.

Au programme de cette vente hors du commun des œuvres phares de Delacroix, Manet ou Hopper. Mais la pièce maîtresse sera, à coup sûr, une toile de Picasso datant de 1905, Fillette à la corbeille fleurie, emblématique de la période bleue, et estimée, à elle seule, à 100 millions de dollars.

Ce tableau , qui n’a pas quitté le domicile new-yorkais de Peggy et David Rockefeller depuis cinquante ans, sera exposé à Paris du 16 au 21 mars, avec dix autres œuvres dans le cadre d’une tournée mondiale, de Hong Kong à Los Angeles, en passant par Londres, Pékin et Shanghaï.

À Paris, seront également exposées chez Christie’s des toiles de Georges Seurat, (La Rade de Grandcamp - 1885, estimée 20 à 30 millions de dollars), Edouard Manet (Lilas et rose - 1882, 7 à 10 millions, ou Eugène Delacroix (Tigre jouant avec une tortue - 1862, 5 à 7 millions).

Et si cela ne suffisait pas, la collection Rockefeller comprend aussi des œuvres d’Henri Matisse (Odalisque couchée aux magnolias de 1923), et Claude Monet (Nymphéas en fleur de 1914), un bronze de Chine impérial du XVIIe siècle estimé 600.000 dollars et un service en porcelaine de Sèvres du XIXe siècle qui pourrait atteindre 250.000 dollars, parmi d’innombrables bibelots… à partir de 200 dollars.

"Grands mécènes, les Rockefeller ont été des amis fidèles de la France, participant notamment à la restauration de la maison natale de Pasteur, de la cathédrale de Reims touchée par les bombardements, mais aussi des châteaux de Versailles et de Fontainebleau", a souligné par ailleurs François de Ricqlès. "À la fin, tous ces objets qui nous ont tant plu à Peggy et moi seront de nouveau accessibles, à la disposition d’autres gardiens qui, espérons-le, en tireront la même satisfaction et la même joie que nous […] Lorsqu’on vieillit, on se rend compte qu’on ne possède pas véritablement les choses. On en est simplement le dépositaire", avait confié David Rockefeller, décédé en 2017 à l’âge de 101 ans. Son épouse Peggy est décédée en 1996.

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