Laurence Bibot : "C’est la seule chose que je sache faire"

Pierre-Yves Paque Publié le - Mis à jour le

Divers Après le succès de Debout, Laurence Bibot revient - toujours haut perchée - avec un nouveau show plus Distinguée (ou pas !).

"Si mon spectacle s’intitule Distinguée, confie la comédienne belge au sujet de son one-woman-show, c’est parce qu’il évoque deux facettes que je revendique. Un peu de crudité et de franchise. Et en même temps, que les choses soient bien emballées. Et ce n’est pas parce qu’on dit des grossièretés qu’on doit être grossier !"

L’affiche de Distinguée arborre une flatulence émise par une femme à l’apparence raffinée. "C’est plus facile de parler cru quand on emballe, poursuit l’humoriste. J’aime l’inattendu et surtout surprendre." Après son premier stand up Bibot Debout, la voilà qui s’attaque à sa marque de fabrique : les sujets bancals et pas forcément populaires comme le forumeurs. "Je ne savais même pas que le mot existait. Ce sont les forums où les gens discutent entre eux. Comme ces gens des pompes funèbres qui se demandent à combien il faut être pour porter un cercueil."

"Je suis vieille"

À 50 ans, dont bientôt 25 de carrière, Laurence Bibot démarre son show par un "je suis vieille. Car c’est une réalité à côté de laquelle je ne peux pas passer. Certains pensent que je suis pathétique de continuer mais c’est ma vie. Et c’est la seule chose que je sache faire. Le seul avantage de vieillir est que tu sais pourquoi tu es là. Tu connais la place que tu occupes. Je n’ai pas de regret car j’ai l’impression d’être là où je dois être." Et ce, malgré ses tentatives parisiennes. "Je viens de tourner une série pour Canal +, avec Guillermo Guiz, qui raconte les coulisses d’un comique, explique l’ancienne chroniqueuse du Café Serré sur La Première, qui sera aussi bientôt dans Croisière Coconuts au TTO. Je me suis rappelé pourquoi je n’avais pas fait carrière là-bas avec des gens qui me parlaient mal ou qui se la pétaient. Je suis très contente d’être restée ici, car c’est ma nature profonde. La richesse de la Belgique est sa bienveillance et son confort, deux notions que je ne retrouve pas là-bas." Celle qui a l’habitude de camper le personnage de la Française dans ses sketches sait de quoi elle parle. "C’est très libérateur, car je suis capable de me moquer d’eux comme ils se sont moqués de nous. Le complexe du Belge est en train de disparaître… Mais c’est vrai que le Français est encore à un autre niveau de désagréabilité que l’aristo ou le bourge (sourire) !"

Celle qui se lance aussi dans des capsules Instagram dans lesquelles elle redéfinit les codes du Playback, "adorerais que mon spectacle passe en télé. Je ne sais pas pourquoi mais la télé me résiste. Il y a un grand mystère."

Tels parents, tels enfants

"Mes enfants sont une grande source d’inspiration pour moi, confesse Laurence Bibot, compagne du chanteur Marka, et à la tête d’une famille de saltimbanques. À leur contact, j’explore de nouvelles façons de pratiquer mon métier."

En effet, sa fille Angèle - qui vient de poser dans la version belge de Playboy - est une chanteuse bruxelloise 2.0 et son fils Roméo Elvis cartonne avec son rap d’un nouveau genre (Bruxelles arrive). "Leur force est qu’ils font vraiment ce qu’ils veulent", explique l’humoriste dont l’affiche de Distinguée a été dessinée par sa fille."L’artistique est un monde familier pour eux, ça leur a donc fait gagner du temps sur certains aspects. Mais ça ne fait que commencer. Ils ont encore beaucoup de choses à apprendre et à faire. Marka ou moi, on ne fait encore rien sur scène avec eux car ils ont envie de s’affranchir et faire leur route. Enfin, peut-être quand ils seront vieux et nous très très vieux !" (sourires)

Pierre-Yves Paque