Divers L’imitateur flingueur est de retour en Belgique pour fêter ses 50 ans et presque 30 ans de carrière avec Laurent Gerra sans modération.

"J’ai toujours été bien accueilli en Belgique, confesse Laurent Gerra, devenu ambassadeur de la Ville de Liège. J’en parle d’ailleurs dans le livre que j’ai réédité de mon grand-père, qui est un vrai devoir de mémoire. Prisonnier en Allemagne, il a traversé la Belgique vu qu’il a trouvé un passeur à Liège qui l’a dirigé après vers la France pour finalement entrer dans la résistance. Il m’a inculqué certaines valeurs comme le sens de l’amitié et du partage."

L’imitateur français déplore d’ailleurs un nouveau projet avorté en tant que scénariste de la bande dessinée Lucky Luke. "Les gens ne se sont pas très bien comportés mais l’idée était intéressante, raconte l’ami du dessinateur Dany et du regretté Tibet. Lucky Luke devait escorter les opérateurs des frères Lumière. Je voulais lui faire rencontrer nos frères du cinéma." Normal, entre flingueurs, on se comprend. "Ben oui, on essaye de dégainer des vacheries, sourit celui qui était hier sur la Deux dans 69 minutes sans chichi. Quand j’étais gamin, je lisais beaucoup de Lucky Luke . Et sur l’affiche du spectacle de mon école, ils m’avaient mis une banane sur ma photo pour lui ressembler (sourire) !"

Ce Laurent Gerra sans modération est une cuvée anniversaire. Cela cacherait-il un penchant pour la boisson ?

(Rire.) "Oui mais il est assumé ! Non mais je rassure les spectateurs, je suis à jeun et en pleine possession de mes moyens lorsque j’entre sur scène. Je voulais faire une affiche avec une bouteille. Mais comme on n’a pas le droit de faire de publicité pour l’alcool en France, on a peint l’affiche en me collant une étiquette sur la tête (sourire) !"

Pour la première fois en 30 ans, vous y parlez davantage de vous…

"Oui, enfin, je n’ai pas envie d’emmerder le monde avec ça… Je ne m’étais jamais adressé au public. À 50 ans, il était temps, même si je ne raconte pas ma vie, non plus. Je cherchais un fil conducteur. On a trouvé cette idée du décor de loge, comme l’arrière d’un théâtre. Un lieu dans lequel j’ai vécu 25 ans de ma carrière. Je me suis donc dit que j’allais enfin raconter aux gens comment mes sketchs sont nés. On commence avec l’enregistrement de mon père quand j’avais 5 ans, là où tout a commencé pour moi. Et puis la cuvée 1967, c’est l’année où Carla Bruni est née et… elle a épousé un président de la République !"

Les politiques, vous en avez d’ailleurs fait votre champ de bataille favori…

"Pour le show, on a même été presque précurseurs car on a écrit un sketch sur la télé. Mais par qui le faire jouer ? On a pensé à Sarkozy car, aujourd’hui, il s’emmerde devant sa télé. On va monter un cabinet de voyants (sourire) ! Macron, je le fais dans L’École des fans car c’est un jeune, ce qui me permet de rendre hommage à mon papa de télévision, Jacques Martin. Lequel lui dit : ‘Tu as une petite copine à l’école, Emmanuel ? Ben oui, c’est ma maîtresse ! "

Les retours des personnalités sont-ils toujours positifs ?

"En général, c’est plutôt positif car mon objectif n’a jamais été de nuire. Certains le prennent moins bien, comme les gens de la télé, par exemple. Comme Ardisson et compagnie. Mais ce sont de toute façon des émissions dans lesquelles je n’irai jamais. Ils n’aiment pas trop mes imitations mais ce n’est pas grave…"

Jamais personne ne vous a attaqué ?

"Si, Marine Le Pen m’a attaqué en justice. Elle a gagné, perdu, puis regagné. Un vrai pataquès. Mais il faut savoir qu’il y a un droit à la satire qui est reconnu. On n’est pas dans l’insulte mais dans la gaudriole ! En fait, on avait cité sa fille dans un sketch alors qu’elle n’est pas une personne publique. Par contre, bizarrement, elle ne m’a pas attaqué sur ce qu’on disait après. ‘Que chante ton papy ? Il court, il court, le führer !’ Ou encore : ‘Barbie, tu dors, Jean Moulin, Jean Moulin va trop vite…’ Ils ont gagné, on a fait appel, etc. Mais mon avocat n’était pas très bon. Bref, je crois que cette histoire n’est pas encore finie."

C’est l’un des dangers de passer à la télévision ?

"C’est bien pour cela que je me méfie de la télé. J’en ai fait beaucoup. Une quotidienne, par exemple, je n’en referai jamais. Une fois de temps en temps, oui. La peur d’être trop exposé, sans doute. Faut faire gaffe ! Je pense que la base de mon métier, c’est la scène. Je privilégierai toujours la scène à la télé. Il faut y passer mais je n’ai pas envie de me griller. Et puis, il n’y a pas grand-chose qui m’intéresse dans cette petite lucarne. C’est même chaotique à l’heure actuelle. J’aime bien la radio (il officie tous les matins sur RTL France, NdlR.) car on a une vraie liberté. Et on n’est pas obligé de se maquiller (sourire) ! "


En savoir plus:

Laurent Gerra sans modération (cuvée anniversaire), le 6 octobre au Country Hall à Liège (070/660.601) et le 7 octobre à Forest National (070/34.53.45).

Infos et réservations : www.odlive.be.