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"On n’a jamais fait rire avec de la normalité, affirme Olivier de Benoist. Car je suis de plus en plus persuadé que le rire est dans l’excès. On rit de ce qui est énorme ou décalé."

Fournisseur d’excès professionnel, l’humoriste français - découvert dans On ne demande qu’à en rire de Laurent Ruquier - a fait de l’excès sa marque de fabrique. Voire un décalage sexuel trash mais sans vulgarité. Normal pour celui qui s’autoproclame avocat des femmes car "je suis le seul qui accepte encore de défendre une cause perdue" (sourire). Le ton est donné. Olivier de Benoist, ODB pour les (parties) intimes, aime les choses excessives dans son show. Pour le meilleur et surtout pour le rire. "Mariage oblige, je me suis aussi mis au régime : sous le régime dictatorial d’une fidèle casse-couilles...!"

L’homme de 39 ans, pourtant marié et père de trois enfants, porte donc à merveille le titre de son one-man-show, Fournisseur d’excès. "C’est comme surfer sur internet, explique-t-il. Les internautes s’ennuient vite. Un one- man réussi, c’est donc un show qui a plein de ruptures, qui balaie, malmène et déroute son public de manière à capter son attention en permanence. Bref, l’image du surf qualifie ce que je ressens sur scène. Je suis le surfeur, je prends la vague (le public, NdlR) et si j’y arrive, je vais dans le rouleau et plus rien peut m’arriver."

Et on confirme, après l’avoir vu à l’œuvre lors du Smile and song Festival de LLN, fin mars dernier. Faux macho mais vrai comique, cet ancien brillant étudiant en droit transforme son spectacle en plaidoirie grinçante pour - ou contre, c’est selon - les femmes. "Né dans une fratrie de 7 garçons, je pense avoir eu un regard biaisé sur la gent féminine, admet-il. Mais j’ai pris le parti d’en rire." Avec un débit à couper le souffle, on le surnomme d’ailleurs la mitraillette - voire la braillette pour son penchant sexuel - de l’humour.

Alors que l’humour, il est tombé dedans un peu par hasard en jouant… le spectacle de Benoît Poelvoorde. "En 2001, je ne savais pas qui c’était. Mais j’ai tout de suite adoré son humour, son parcours et ses films. J’aime beaucoup le con très humain qu’il a toujours incarné. C’est de l’humour à la belge, ces cons romanesques, comme François Damiens aussi, qui combattent le monde entier."

Une patte et un rire noir, jaune et rouge qui le poursuit jusque dans son nom. L’humoriste étant baron de Benoist de Gentissart, baronnerie belge offerte à son ancêtre Charles Eugène en 1778 ! Et pourtant, jusqu’à preuve du contraire, comique n’est pas un boulot d’aristo. "Non, c’est vrai qu’on forme plus de généraux que d’humoristes dans ma famille. Mais voilà, le monde a changé et aujourd’hui on peut faire des métiers qu’on ne faisait pas auparavant." Pour sa part, il est passé de juriste contrarié à magicien en passant par sculpteur sur ballon et… pickpocket. Pas mal pour un hypocondriaque qui ne pense pas tenir jusqu’aux noces de chêne (80 ans) car "pour tenir aussi longtemps, faut vraiment être un gland."

Interview > Pierre-Yves Paque

En savoir plus

Fournisseur d’excès le 9 mai au Cirque Royal de Bruxelles, le 10 mai au Wex de Marche-en-Famenne et le 11 mai au Forum de Liège. Réservations : www.odlive.be. Olivier de Benoist sera aussi au Festival Rire sur la ville, à Charleroi, le 29 juin. Infos : www.riresurlaville.com