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Dans l'affaire de la médiation Martin-Lejeune dont les propos confidentiels ont fuité dans la presse en 2012, Sudpresse et sa journaliste sont renvoyés en correctionnelle, selon une ordonnance de la chambre du conseil de Namur rendue vendredi dernier. 

Ils sont inculpés d'avoir volontairement et illégalement écouté puis divulgué des conversations privées, sans le consentement des participants à la conversation, Michelle Martin (l'ex-épouse de Marc Dutroux) et Jean-Denis Lejeune, rapporte mercredi l'Association des journalistes professionnels. Le rédacteur en chef de Sudpresse a indiqué à l'agence Belga qu'il interjetterait appel de cette décision. Les fuites provenaient du gsm du médiateur qui aurait, selon ce dernier et Sudpresse, rappelé "tout seul" la rédaction après être tombé par terre. Les avocats de Lejeune et Martin avaient dès lors déposé plainte contre Sudpresse, pour écoutes illégales.

La chambre du conseil considère que c'est en connaissance de cause que la journaliste a écouté "une conversation qui ne lui est pas destinée, alors que les deux protagonistes de la médiation n'en sont pas avisés". Selon l'instance, il existe suffisamment de charges pour renvoyer en correctionnelle l'éditeur et la journaliste. L'argument de "délit de presse" de Sudpresse n'a pas été retenu, en raison de l'absence d'expression d'une pensée ou d'une opinion, l'article se bornant à reproduire des extraits de la médiation, a souligné la chambre du conseil.

Dans le même temps, Sudpresse a déposé plainte contre l'AJP, qui avait condamné ces révélations par communiqué, pour calomnie et diffamation. L'association des journalistes a néanmoins bénéficié d'un non-lieu.

Enfin, le médiateur qui était poursuivi pour violation de secret professionnel a également bénéficié d'un non-lieu, la chambre du conseil considérant qu'il n'y avait pas de charges suffisantes pour le renvoyer en correctionnelle.

Le rédacteur en chef de Sudpresse, Michel Marteau, a indiqué mercredi qu'il irait en appel de cette ordonnance. "Nos arguments, qui seront encore plus forts, seront mieux entendus à Liège qu'à Namur", a-t-il indiqué à l'agence Belga soulignant "une attaque contre la liberté de la presse".